réflexion (13)
A l'initiative du Pôle Numérique de la Drôme et du programme d'EPN EPI (comme Espaces Publics Internet) initié par le Conseil Général de la Drôme, un nouveau logiciel de gestion d'Espace Public Numérique présenté fin juin 2010 au Forum des Usages Coopératifs de l'Internet de Brest vient de voir le jour. Son nom : GENEPI (Gestion Numérique des Espaces Publics Internet).
Logiciel libre sous licence GPL, GENEPI base ses fonctionnalités sur le génération de statistiques détaillées (avec bilans quantitatifs) sur la fréquentation et les activités d'un EPN : Bilans, prévisionnels et gestion de caisse, gestion des actes. Autant de chiffres qui peuvent aider à défendre bien des projets.
Le logiciel en est déjà à sa 2e version (0.9.1.) téléchargeable à cette adresse sur SourceForge.
Pour en savoir plus sur le logiciel libre de gestion d'EPN GENEPI, n'hésitez pas à consulter le site officiel du projet (documentation ; présentation ; actualités ; support ; téléchargement ; Foire Aux Questions).
(Info issue de Netpublic, article de Jean-Luc RAYMOND)
Les réseaux sociaux peuvent s'avérer fascinants, facteur d'épanouissement pour les jeunes et les ados qui en sont les premiers utilisateurs. Mais comme tous les outils en perpétuel mouvement , ils recèlent évidemment de nombreux pièges et génèrent une dépendance qu'un peu de connaissances permet de contourner et d'éviter. On apprend ainsi qu'aujourd'hui, 14 % des candidatures peuvent être refusées suite à des informations trouvées sur le net.
Un internaute averti en valant forcément deux, les animateurs multimédia répondent souvent dans leurs ateliers à de nombreuses questions de jeunes férus de facebook et my space et doivent parfois rassurer leurs parents...
C'est pourquoi nous avons choisi de mettre en valeur le travail d'une animatrice, Laureline Lefebvre, qui a longtemps exercé en Haute-Savoie. Elle a mis au point une carte heuristique, riche de nombreux liens, qui permet de mieux appréhender le plus célèbre des réseaux sociaux mondiaux de façon claire et très complète. Nous vous recommandons également sa page netvibes
Cet outil pédagogique a été réalisé dans le cadre d'une formation donnée le 29 avril 2010 aux animateurs de l'Espace Jeune de la MJC de Saint-Martin-en-Haut (Rhône). La forme carte heuristique, élaborée avec le logiciel gratuit Mindomo, disponible en ligne, permet de présenter des séances d'initiation et découverte rapidement et simplement.
La présentation de Laureline :
Les points développés :
- à quoi faut-il penser avant de se lancer sur la publication Internet
- les premiers pas avec Facebook (avec un développement des différents points de confidentialité à surveiller )
les réflexions sont tournées aussi bien vers la construction d'un profil pour l'espace que les points auquels faire attention au sujet des comptes des jeunes
- D'autres informations bonnes à savoir sur Facebook (conservation de nos données, suppression de compte, signalement des - de 13 ans...)
- une sélection personnelle et internationale d'une vingtaine de sites de prévention en direction des éducateurs, des parents, des enfants et des jeunes.
Carte heuristique mise en place pour initier à l'utilisation de Facebook l'espace jeune de la MJC de Saint Martin en Ha ut (69)
A lire également, cet article qui étudie le comportement des parents américains face aux réseaux sociaux . Chiffre intéressant : 48% des papas et mamans connectés et inscrits sur un réseau social deviennent "amis" avec leurs enfants déjà inscrits...
La Délégation aux usages de l' 'Internet (DUI) ouvre deux nouveaux sites web dédiés aux espaces publics numériques :
Un portail général d''information, de ressources et d'échange, www.netpublic.fr
Il s' adresse aux acteurs et professionnels de l' accompagnement aux TIC et à l' 'Internet (responsables et animateurs d'EPN, médiateurs TIC, coordonnateurs de réseaux d'EPN, responsables des politiques d''accès public à Internet, ?) et à toutes les personnes désireuses d'être guidées pour maîtriser les usages numériques.
Le portail NetPublic vise aussi bien à faire connaître au public les EPN et les services qu 'ils proposent qu''à offrir aux acteurs de l' accompagnement aux TIC un espace gratuit d'information, de ressources, de partage et de valorisation de leurs initiatives.
Il remplace l 'ancien site http://delegation.internet.gouv.fr.
Un portail spécialisé dans l' 'accompagnement des demandeurs d'emploi sur Internet, www.netemploi.fr
Créé à l'initiative de Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'Etat chargée du développement de l'économie numérique, en collaboration avec l'association CREATIF et la Caisse des Dépôts, pour répondre aux besoins d'accompagnement des chercheurs d''emploi souvent démunis face aux nécessaires démarches sur Internet, il est conçu comme un instrument d''appui pour les professionnels de l'accompagnement aux outils et services numériques de l'emploi. Ils pourront ainsi trouver, rassemblés sur un même site, un accès facilité aux informations et ressources en ligne (offres d''emploi, droits et démarches, services et conseils aux candidats) ainsi qu''un espace d''échange et de partage d''expériences.
Les deux sites, associés par une base de ressources et un back office communs, sont construits avec une interface ergonomique basée sur un logiciel libre de gestion de contenus et des outils web 2.0, facile d''utilisation et accessible à tous.
Ils reposent sur des principes de partage et de mutualisation et visent à développer au niveau national une communauté d'acteurs de l''accompagnement aux TIC à travers un forum de discussion et grâce à l''animation assurée par Jean-Luc Raymond, relayée sur Facebook et Twitter.
N'hésitez pas à tester et utiliser ces sites comme outils de travail et à faire remonter vos remarques et celles des usagers qui fréquentent vos espaces publics. Ces sites, loin d'être figés, s'enrichiront des remarques, critiques constructives, constats que vous pourrez formuler.
A vous et aux usagers de dire s'ils correspondent à vos attentes !
Les acteurs de l'accès pour tous au numérique se retrouvent à Thonon les Bains !
Dans la continuité des précédentes éditions qui se sont déroulées en 2009, en juillet à Valence et en décembre à Grigny, le prochain rendez-vous est pris pour les 24 et 25 juin 2010 juin à Thonon les Bains, en Haute-savoie (74).
A qui s'adresse cette rencontre ?
Ce rendez-vous ouvert est celui de l'ensemble «des médiateurs du numérique» : animateurs , chefs de projets, responsables, élus (associatifs ou territoriaux), ...
Quelle que soit la structure dans laquelle, ils proposent de l'accès accompagné à internet et à ses usages : Centre-social, MJC, médiathèque , PIJ, cyberbase, association, service municipal,...
Le programme prévisionnel (en cours de construction)
Cette rencontre se déroulera pour la première fois sur 2 jours avec une dominante particulière pour chaque journée.
Jeudi 24 juin : Journée placée sous le signe du réseau départemental de Haute-Savoie
Après-midi (14h00- 17h00)
1. Ouverture officielle
2. Interventions ou tables rondes sur 2 thématiques :
- Parentalité et prévention des risques
- Citoyenneté, participation, expression, TIC et EPN
3. Temps de présentation et de croisement de projets locaux et régionaux (format "carrefour" ou "barcamp")
4. Soirée conviviale en perspective pour conclure la journée
Vendredi 25 juin : Journée (9h00- 16h30) placée sous le signe de la dynamique régionale portée par la CoRAIA
Accueil entre 9h00 et 10h00 avec présence des stands des réseaux
Première approche des contenus qui seront structurés entre matin et après-midi dans les semaines qui viennent.
1. Temps d'information
- Sur la politique Régionale
- Actualités des réseaux
- Point sur l'action de la CoRAIA
- Point d'étape sur le projet VAE
2. Présentation de l'étude réalisé par Fréquence Ecoles sur les pratiques des enfants et des jeunes sur le net.
3. Temps de partage des productions réalisées par les différents groupes thématiques régionaux (forme à définir)
4. Atelier de partage et d'information autour de l'expérimentation « le e-portfolio au service de la VAE » en lien avec le projet régional de VAE
5. Interventions sur la thématique « de l'éducation aux médias à l'influence des médias sur l'éducation »
Pour en savoir davantage, se pré-inscrire, participer à l'organisation, se renseigner sur les modalités pratiques qui permettront le déplacement et, éventuellement, l'hébergement, consultez le blog de la Coraia.
D'ores et déjà, bloquez la date !
Fin : 25/06/10 - 17:00
Lieu : Thonon les Bains
Intervention aux conférence des Ernest, de Normale Sup' (Ecole Normale Supérieure, chaque intervenant doit parler 15 mn de son sujet préféré devant les étudiants), de Serge Soudoplatoff, passionné d'internet, spécialiste des questions liées au Web et fondateur de l'association Almatropie. Il revient sur la tentation des gouvernements de contrôler le Net dans un article publié le 29 mars par Le Figaro et explique ici sa vision de la révolution numérique.
"Quand je prends un bien matériel et que je le partage, il se divise. Quand je prends un bien immatériel et que je le partage, il se multiplie"
Plus d'information sur son blog, ici
Retranscription écrite de son intervention intelligemment en ligne sur le blog Fabrique de Sens
Son billet sur cette conférence filmée dans son billet là
Ateliers d'initiation aux usages
Comment organisez-vous vos ateliers d'nitiation aux usages ?
Pour ma part.
J'utilise le référentiel du Passeport Internet et Multimédia établi par la délégation aux Usages et Internet, bien que je ne délivre pas ce fameux passeport. Les ateliers sont essentiellement remplis par des retraités qui ne sont pas demande d'un passeport mais d'un savoir-faire.
Je découpe mon progamme en plusieurs modules.
Chaque module se déroule sur 3 scéances de 2 heures, à raison d'un scéance par semaine.
Toutes les trois semaines je propose 7 créneaux horaires réservés à ces modules.
Rien de très original dans les thèmatiques de mes modules :
premiers pas sur l'ordinateur
premiers pas sur internet
courrier électronique
traitement de texte
recherche sur internet
messagerie instantannée
protection de l'ordinateur
retouche photos
etc...
L'avantage est que cela offre une grande souplesse à l'usager qui peut très bien suivre un module en septembre, puis un autre en mars, puisque chaque module est indépendant.
L'inconvénient est que ça demande beaucoup de travail d'organisation et de gestion.
L'Agence Mondiale de Solidarité Numérique et la M@ison de Grigny vous invitent à participer pendant la biennale à un atelier organisé dans le cadre de la BIENNALE DE LA M@ISON, le Vendredi 4 décembre 2009 à 11 heures à GRIGNY. La charte « Ordinateurs Solidaires » sera signée à l'issue de cette rencontre en présence de la presse.
Cette édition 2009 clôture un triptyque intitulé « Accès pour tous aux T.I.C., entre illusions et réalités » lancé en 2005. Populaire par excellence, la biennale s'adresse à tous : animateur, enseignant, chef de projet, responsable associatif, élus, membres des réseaux des espaces publics numériques. C'est un rendez-vous tout public.
La coordination régionale des réseaux d' EPN y organise la deuxième rencontre annuelle 2009 des acteurs de l'accès au « numérique pour tous » accompagné en Rhône-Alpes.
A voir, une video d'une rencontre précédente
Comment caractériser les formes politiques de la révolution Internet ? Dans cet essai, Dominique Cardon, sociologue spécialiste du web.2.0, met en évidence les tensions qui traversent le réseau des réseaux, notamment l'égalité radicale des internautes, la visibilité extrême des subjectivités, la production de solidarités nouvelles, la construction de la légitimité. Plongée dans la « démocratie Internet ».
Ce texte est issu d'une présentation à la table ronde « Internet et renouveau démocratique » (avec Daniel Bougnoux et Patrice Flichy), animée par Caroline Broué au forum « Réinventer la démocratie » (organisé par La République des idées à Grenoble le 9 mai 2009).
Villes internet vous recommande la lecture de cet article très complet et fort documenté. Ou comment les nouveaux et multiples usagers des réseaux sociaux et de l'internet d'aujourd'hui peuvent retourner sans le savoir à l'idéal des pionniers du domaine, malgré les nombreux pièges de l'internet marchand...
http://www.laviedesidees.fr/Vertus-democratiques-de-l-Internet.html
L'équipe de l'Espace Multimédia - le Mulot propose,
mardi 24 novembre prochain à 20h30, une conférence sur le thème :
Usurpation d'identité sur Internet : Êtes-vous bien protégés.
Destinée à tous les internautes, cette présentation a plusieurs objectifs
- Connaître les risques d'usurpation d'identité sur Internet,
- Savoir protéger sa vie privée sur le Web,
- Savoir réagir en cas d'usurpation de son identité.
Entrée libre - Sur réservation
4 rue de la Beauce
78310 Maurepas
01 30 51 34 70
Fin : 24/11/09 - 22:30
Lieu : Espace Multimédia - le Mulot
78310 Maurepas
Interview de Magali et d'Amaury, du cyberespace de Gentilly : le rôle de l'animateur de cyberespace
Magali : dans notre structure, le contact avec le public est tres personnalisé. Il y a les missions de l'animateur telles que définies par la fiche de poste et ...il y a le quotidien ! Avec des demandes assez surprenantes, des demandes d'avis sur les sites les plus variées : ça peut aller du choix de la couleur d'une laine sur un site de travaux manuels ou encore des conseils amoureux sur les sites de rencontre. J'ai accompagné quelques personnes sur ces sites, à leur demande. Je ne sais pas si c'est spécifique aux milieux populaires ou pas, je n'ai connu que Pierrefitte sur seine et Gentilly.
L'impression que j'ai, c'est que, à Gentilly on a une population populaire, avec une problématique moins grave. A Pierrefitte, j'ai rencontré des gens qui arrivaient de pays d'Afrique, avec 6 mois d'alphabétisation, sans avoir suivi de formation. Ils étaient poussés par l'ANPE à venir s'inscrire sur les sites de recherche d'emploi. Je me souviens d'une personne qui n'avait pas l'intuition de ce qu'était l'écriture. Elle était troublée par la forme des lettres sur le clavier où les lettres sont en majuscule et où, elle, écrivait en minuscule. ça dépasse le cadre de l'animateur social.
Le fait qu'ils arrivent jusqu'à nous, ce n'est pas neutre. ça veut dire qu'il y en a beaucoup et que les services, avec d'autres structures sulr a ville, permettant de régler ces problèmes là, se retrouvent débordés.
Ici, je ne rencontre pas ces cas-là.
Q : la population est différente ?
Magali : Il me semble. Plus de type ouvrier, avec un degré d'éducation qui me semble plus élevé et une aisance financière un peu plus grande qu'à Pierrefitte.
Q : La différence de niveau social et d'aisance, c'est quelque chose que tu peux ressentir dans tes missions ?
M : Oui. Déjà, on les accompagne davantage sur nos missions précises, les chercheurs d'emploi. La demande en terme d'accompagnement social, qui dépasse la demande d'accompagnement technique, est moins forte. A Pierrefite, typiquement, j'ai eu le cas de personnes qui envoyaient des lettres de candidature du type : "Je pense que je suis très bien pour ce travail et je voudrais gagner de l'argent". Ils trouvaient ça tout à fait valable de poster ça, ça leur avait coûté d'écrire ça. Et la réaction était : "Si avec tous les efforts que j'ai fait, avec les efforts que je fournis, je ne trouve pas de travail, c'est que les employeurs n'y mettent pas du leur". Typiquement, ici, les gens sont plus suivis par le Pôle emploi (même si on n'en a pas sur Gentilly) ou d'autres associations ou parce qu'ils ont un degré d'éducation qui les a habitués à certains usages.
Q : la mission d'éducation technique ou d'accompagnement, d'éducation à internet ou encore la découverte et l'apprentissage des logiciels libres, c'est quelque chose que vous pouvez faire facilement ?
Amaury : C' est pas évident. C'est facile sur un rôle d'accompagnement à l'équipement ou à l'autonomie, des primo-apprenants. Ils n'y connaissent rien, on les accompagne avec notre moule qui est plus socio-éducatif que technique. On a vraiment vocation sur un EPN à apprendre aux gens à dominer un outil technique qui fonctionne, en prenant en compte les enjeux, notamment de l'évolution de la société au regard de l'arrivée du numérique
On va avoir, chez ces personnes-là, une écoute importante. Tous les enjeux que l'on assène au fur et à mesure de notre accompagnement sont permanents.
En revanche sur les autonomes, qui viennent pour des raisons économiques, s'ils sont utilisateurs de l'outil et qu'ils en ont la maitrise, on va les accompagner sur des soucis techniques, sur des outils complexes mais on les aura beaucoup moins en apprentissage de fond dans la mesure où ils ne vont pas etre forcément demandeurs.
Magali : je vais nuancer ce que tu dis, Amaury. J'ai eu une frange d'utilisateurs, d'autodidactes, qui viennent pour utiliser le cyberespace comme un cybercafé car ils n'ont pas de postes à la maison, pour des recherches d'emploi. Et qui, voyant l'accompagnement que l'on fait sur les primo-apprenants, rencontrant des difficultés, se greffent sur cette initiation de base, la gestion des fenêtres par exemple.
Amaury : on a choisi de bosser avec des outils alternatifs, comme Linux. Le fait qu'on le propose, permet d'entrer en conversation. Les gens se posent des questions et cela permet de dialoguer de la problématique du libre, du privé, du modèle économique des acteurs privés qu'on trouve sur le net. Plein de gens ne comprennent pas comment les sites gratuits sont financés, quel est leur modèle économque, le gratuit fonctionne, comment les libres sont financés..
Q : ces discussions sont rares, fréquentes ?
A : assez fréquentes, plusieurs par semaine. On a 10% des utilisateurs qui sont fermés. Qui sont autonomes et fermés, qui viennent faire ce qu'ils ont à faire. Point barre. Peu de gens viennent consommer comme dans un ctybervcafé, mais il y en a quand meme. Le reste, toute la population apprenante, pas énorme mais facile à toucher. La plus facile à toucher, c'est la population qui s'équipe, qui est dans une relation de confiance.
Les retraités, nouveaux internautes
A : Essentiellement, la demande de conseils de ce type émane pour ne pas dire exclusivement des retraités, des seniors qui pour des raisons de communication intergénération viennent s'équiper ?
Avant tout, c'est l'échange de photos des enfants et des petits enfants.
La grand-parentalité est un facteur d'équipement énorme. Les parents communiquent sur les petits enfants pratiquement exclusivement par ce biais là.
Deux choses les motivent, soit ils arrivent à vide : "je viens de devenir retraité"
"Je suis retraité, j'ai du temps, je voudrais enfin ciomprendre ce qu'est l'informatique". Le terme informatique, revient souvent"
Q : je suis assez épatée par la présence des retraités, des seniors dans les EPN....
M : C'est énorme !
A : ça ne représente pas la moitié en nombre, mais ça représente largement la moitié en taux de fréquentation en occupation et en accompagnement.
M: par rapport à l'offre générale proposée comme l'utilisation du cyberespace comme un cybercafé de base, ou les formations, ou l'accompagnement de projets, les ateliers pratiques (blogs, sitrs) ; ils vont balayer beaucoup plus large que le reste de la population. Les 30-40 ans viennent ici, pour la plupart, des recherches d'emploi. Quelques uns vont se greffer sur des initiations, moins que les seniors. Après, ils ne vont pas se lancer dans l'aventure des créations de sites, mais en moyenne, ce sont des seniors qu'on aura dans toutes les activités.
A : Ce qui est sensible, on a eu des afflux massifs de seniors lors des activités qu'on a eu avec le CCAS retraités. Sur Gentilly, les retraités sont très accompagnés. On a répondu à la mise en place d'un blog pour l'atelier d'écriture, qui a été fait ici dans le cadre d'un atelier. Une fois par mois, on met en place un équipement pour les animateurs des CCAS retraités. Ils vont faire un atelier pour valoriser leurs activités. Comme les joyeux baladeurs, un club qui fait de la marche à pied, qui vient chercher et illustrer leurs itinéraires.
Dans le cadre de services municipaux, les gens viennent nous voir.
Image et perception du cyberespace
Amaury : au sein de la ville, les gens ont , y compris les agents, une notion assez floue de ce qu'on peut faire. Depuis la création du cyberespace, le cyberespace a toujours été perçu comme un équipement municipal à part, un peu inaccessible...
Q : C'est un peu antinomique avec l'idée de l'internet public...
A : ça reste, "c'est votre truc, les ordinateurs, c'est trop compliqué pour nous..."
Q : Comment les gens peuvent arriver à se faire cette idée là ?
A : Comment ? La réponse qui revient souvent dans leur bouche, c'est : "C'est l'informatique. C'est compliqué."
Q: vous êtes mis à part ?
A : On n'est pas mis à part, on est un peu mystérieux...On n'est pas accessible..
M: en dépit du fait qu'on est juste à côté de la mairie...
A : et que notre rue n'est pas une rue qu'on emprunte à pied, personne n'a de raison de venir ici, de remonter cette rue. Les gens nous court-circuitent, car il y a d'autres itinéraires pour aller, ou aux commerces, ou au centre-ville, ou à la station de RER
Voilà une réflexion d'animateurs qui date de 2007, à lire sur un blog personnel et pédagogique.
Et si on arrivait à écrire en quelques pages ce à quoi devrait penser l'animateur lorsqu'il encadreun atelier collectif dans un espace public multimédia. De ce défi et de deux réunions d'équipe à l'Arobase de Pierrefitte (93) est né ce document de travail. S'il peut être utile à qui en aura besoin, tant mieux.
Bien préparer son atelier
C'est une des clés de son bon déroulement. Un atelier bien pensé, bien préparé, n'est pas suffisant pour être réussi, mais c'en est une clé presque indispensable.
Pour cela, outre les autres recommandations ci-dessous, on peut se reporter au document « Guide projet d'animation ». Un atelier bien préparé comporte les éléments suivants :
- Titre de l'atelier
- Le public et le cadre
- Les objectifs de l'animation :
* Objectifs en terme de savoir (connaissances)
* Objectifs en terme de savoir-faire (compétences)
* Objectifs en terme de savoir-être (comportements, méthode)
- Les moyens
* Le scénario général
* La liste des séquences prévues, le planning
* L'issue de l'animation
* Le matériel disponible, nécessaire
- L'évaluation
Mis à part pour les ateliers basiques, orienter l'atelier vers un ou des usages.
Quand les usagers sont vraiment débutants, il ne savent pas encore ce qu'ils vont faire de l'informatique. Ils vont suivre les ateliers de base : prise en main de l'outil informatique, repérer les outils, ranger ses données, traitement de textes, tableur, navigation internet, courriel, image, son.
Ce n'est qu'une fois initiés un minimum qu'ils peuvent se diriger vers tel ou tel usage.
Un usage rassemble une pratique et une finalité. Quelques exemples d'ateliers orientés usage : réaliser une carte de vœux.
Annoncer les objectifs aux apprenants.
L'annonce des objectifs signifie qu'on ne cache rien, il n'y a pas de crypto-dogmatisme, on ne manipule pas les usagers.
Pour leur formulation, on peut suivre les recommandation de la Programmation par objectifs (PPO). Ils doivent concerner les apprenants, comporter un verbe comme connaître, savoir faire, savoir qu'existe, savoir réaliser, et enfin être évaluable en fin d'atelier (ou de cursus). Par exemple : « que les apprenants connaissent la différence entre le pointeur et le curseur sur l'écran graphique ».
C'est aussi très lié à l'évaluation finale. On ne se rend compte qu'on a appris des choses que parce qu'on se le dit et qu'on pointe ces choses. Même dans un atelier de deux heures, les usagers ont appris.
Ne pas perdre une occasion de réflexion sur ce qu'on utilise (mission de culture scientifique et technique)
Quand on fait une initiation sur la navigation, on se pose la question « qu'est-ce que c'est le web ? ». Pourquoi l'image de la toile ? Que se cache-t-il derrière une page html (le code source) ? Par ailleurs, ce travail d'épistémologue est le plus souvent nécessaire pour l'animateur lorsqu'il prépare son atelier. Les meilleurs ateliers préparés ont souvent été ceux sur lesquels on se prend la tête : avant de commencer la préparation de l'atelier sur l'initiation au tableur, il est bon de se poser la question de ce qu'est un tableur. Une fois la réponse partagée, l'atelier est déjà presque prêt.
Pour préparer l'atelier sur le HTML, il faut d'abord se poser les questions : qu'est-ce que c'est que du HTML, qu'est-ce que c'est qu'une balise, qu'est-ce qu'un hyperlien.
La mission de culture scientifique et technique est essentielle pour les EPN : ils sont presque les seuls à pourvoir (et donc devoir) effectuer cette mission. Elle responsabilise les usagers. C'est un service en faveur de la démocratie.
Cela peut concerner la législation, les licences, l'économique, la sociologie. Toutes les occasions sont bonnes pour réfléchir à ce qu'on va faire et aux outils.
Préférer orienter les usagers vers des médias qu'ils pourront retrouver de manière autonome
Cela veut dire que pour chaque atelier, l'animateur amène les livres de la bibliothèque, donne quelques liens utiles avec des tutoriels, invite à utiliser l'aide en ligne ou à demander conseil au voisin. Le savoir n'est pas détenus que par l'animateur, ce qui le rend moins indispensable pour les usagers qui sont alors invité à chercher l'autonomie.
C'est un effort à faire car ce n'est pas très naturel pour l'animateur. La contrainte des deux heures n'aide pas. Mais amener les ressources, même sans si elles ne sont pas utilisées, est important pour que les usagers sachent que ça existe.
Vocabulaire : on a tendance à utiliser le vocable « transférer des compétences » alors que ça peut faire penser que le transfert vient de l'animateur vers les apprenants. Mieux vaudrait sans doute parler d'« acquérir des compétences ».
Présenter, si ce n'est utiliser, une diversité d'outils techniques.
Par exemple, lors de l'initiation au traitement de textes, il est intéressant de voir plusieurs traitements de textes. On ne forme pas les usagers à un outil de tel éditeur, mais à la pratique de n'importe quel traitement de textes.
On peut espérer que si dès le départ les usagers voient plusieurs traitements de textes, ils retrouvent les nombreux points communs, et ne seront pas déboussolés lorsqu'ils auront à utiliser un traitement de textes inconnu.
On peut les initier sur des logiciels libres, les leurs conseiller pour diverses raisons (éthiques, format des données, pérennité, gratuité). C'est à eux ensuite de faire leur choix. On leur aura donné tous les éléments pour qu'ils s'en sortent. Favoriser les échanges entre les apprenants.
Ce n'est pas du tout évident. C'est à penser dès la conception de l'atelier par l'animateur. Est-ce qu'à un moment, les usagers auront à parler entre eux au cours de l'atelier ?
On peut aussi profiter des différences de niveau entre les apprenants pour les inviter à s'entraider.
Par exemple, lors de l'apprentissage du clavier, si on utilise du babillage, on sait que les usagers vont naturellement plus se parler que de parler.
Autre exemple : organiser un cadavre exquis (chaque usager tape un morceau de phrase puis se déplace sur l'ordinateur du voisin pour continuer la phrase), puis prévoir une pause à la suite. On sait que pendant cette pause, les usagers vont aller lire toutes les phrases sur tous les ordinateurs et discuter entre eux de manière informelle. La pause fait partie de l'atelier.
Faire des ateliers collectifs.
Être plusieurs ne suffit pas à ce que la séance soit collective. Un cours magistral ou une séance de travaux dirigés/pratiques peut ne pas être très différent selon le nombre de participants.
Un atelier réellement collectif se prépare dans ce sens. Il facilite les échanges (voir plus haut) mais aussi prévoit des activités communes, fait intervenir les apprenants devant tous (et pas seulement l'animateur), fait partager les ressources. Un bon moyen de savoir si un atelier est collectif ou non est de compter le nombre d'échanges verbaux entre les apprenants contre le nombre d'échanges avec le formateur.
Un projet collectif sera plus motivant, plus ambitieux, facilitera l'entraide et les échanges que des activités individuelles. Ces dernières ne sont pas pour autant à bannir. Un équilibre est à trouver et dépend de l'atelier.
Par exemple, un atelier d'initiation à la manipulation de sons peut inviter les apprenants à réaliser un dialogue entre leurs ordinateurs. Le projet même ne peut être que collectif. Lors de l'apprentissage de la souris, il est possible de pratiquer certains jeux en réseau...
Ne pas monopoliser la parole, ni le crayon, ni le vidéoprojecteur.
Dans la même veine que les points précédents, il convient que la place de l'animateur ne soit pas trop importante au cours de l'atelier. Elle peut être éventuellement centrale si la session s'y prête, mais pas dominante. La raison tient à la confiance en soi, donc à l'estime de soi, donc à la responsabilisation des apprenants dont ils se souviendront une fois l'atelier achevé. La responsabilité est un préalable à l'autonomie.
Un critère pourrait être : l'animateur ne prend pas la parole plus de la moitié du temps de parole. De même avec l'utilisation d'un support écrit (tableau), on ne se rend pas compte du pouvoir symbolique énorme que représente la détention du feutre. Partager ce pouvoir avec les apprenants est un bon moyen de rééquilibrer un atelier trop centré sur le formateur.
Lorsqu'au cours d'un atelier, un exercice donne lieu à une démonstration de solution, pourquoi ne pas confier le poste branché au vidéoprojecteur à un des apprenants plutôt que ce soit l'animateur qui fasse ?
Pour répondre, encore faut-il qu'il y ait une question.
Autrement dit, des connaissances peuvent être amenées si elles répondent à un besoin, un désir. La réponse est d'autant mieux assimilée que la question vient des usagers. L'animateur doit là encore trouver le bon équilibre entre poser les questions lui-même, et faire en sorte que les usagers se posent les questions sans trop de manipulation.
L'animateur peut se servir comme guide du déroulement suivant :
- 1.Phase contact
Au cours de cette phase qui peut être assez courte, l'animateur suscite la curiosité, éveille les interrogations. Elle peut prendre différentes formes : démonstrations, phase sauvage, dialogues...
- 2.Phase apprentissage
Cette deuxième phase sert à répondre aux questions, donc à comprendre/apprendre. L'apprentissage peut prendre différentes formes là aussi, à choisir suivant le contexte, le public et le contenu : cours, médias, exercices dirigés, mini-projets (ou défis), etc. Il ne faut rien rejeter à priori. Voir pour cela par exemple « L'animation pédagogique dans les Espaces publics numériques ».
- 3.Phase approfondissement
Il s'agit d'une phase importante qui permet aux participants de cristalliser leurs nouveaux acquis. Le plus souvent, il s'agit de mise en pratique en autonomie de ce qui a été appris dans la phase précédente. La forme de projet (collectif de préférence) est la plus courante.
Si les apprenants peuvent découvrir une solution, dans la mesure du possible, les laisser la découvrir plutôt que de la donner.
Encore une règle applicable pour éviter de rendre le formateur indispensable et développer à terme l'autonomie des apprenants. Le formateur n'est pas seul à connaître les solutions. Parfois, le formateur (qui devient alors médiateur) peut ne pas connaître les outils que les usagers sont en train de découvrir, ça ne devrait pas tellement changer le déroulement d'un atelier qui donne une place importante à l'autonomie des apprenants.
En pédagogie, d'après les courants médiationnels, un groupe peut découvrir et réaliser plus que ce que chacun des membres sait faire. L'animateur est alors un facilitateur ou médiateur. Il fixe une série d'objectifs atteignables par le groupe ce qui le fait progresser.
Dilemme pour l'animateur : comment donner l'initiative aux usagers même lorsqu'ils ne connaissent rien. L'animateur est tenté de montrer aux usagers avant de les laisser reproduire. C'est difficile pour l'animateur de ne pas tomber dans ce réflexe.
Il faut dire aussi que les usagers sont souvent en attente de recevoir et peuvent être déstabilisés si on leur demande de faire par eux-mêmes. Le mieux serait d'arriver à les faire faire sans qu'ils s'en rendent compte.
Une des qualité de l'animateur est alors l'humilité : ce n'est parce que je sais [l'informatique] que les usagers ont besoin de moi. Si l'animateur arrive à s'effacer, il a tout gagné. Peu à peu, les usagers prennent en charge l'atelier.
L'atelier devrait être préparé sans cet esprit. Mettre à disposition des éléments, plutôt que faire un cours.
Préférer la perspective d'un résultat plutôt qu'une tâche.
Il y a bien une différence entre la consigne « sélectionner le texte et cliquer sur le bouton Gras » et « mettez en gras le texte important ».
Cette préférence pour la seconde consigne correspond à la volonté de donner un sens à ce qui est fait par les usagers. Cela sert également à rendre transférable les actions indépendamment du contexte, du logiciel, de la production...
Cet aspect important de la conduite d'atelier est significatif de ce que pense l'animateur des capacités des apprenants. Le plus souvent, le formateur est un autodidacte (il a appris à utiliser un traitement de textes tout seul), mais considère que les usagers n'ont pas la capacité d'en faire autant. Ce paradoxe semble naturel tant il se répète. La formulation des consignes en résultats plutôt que tâches est un bon exercice pour aller contre cette tendance naturelle à considérer l'apprenant comme peu capable.
Pour un problème, il y a une multitude de solutions possibles. Le formateur n'a pas la « science infuse ». Il n'a pas raison a priori de part son statut. Aussi, lorsqu'un résultat est attendu, les usagers ne sont pas forcés de faire de telle ou telle manière. Par exemple, pour mettre en gras un texte, on peut le taper puis le sélectionner avec la souris ou le clavier, puis utiliser le menu, le menu contextuel, le bouton, le raccourcis clavier ; on peut aussi se mettre en gras puis taper son texte. Ce qui compte, c'est le résultat. A chacun sa méthode préférée.
Cela n'empêche pas que certaines soient plus rapides/efficaces/transposables. Rien n'empêche à l'issue de l'action d'échanger sur les différentes manières de l'accomplir ; charge aux apprenants de choisir celle qui leur paraît leur convenir le mieux. Ce serait différent si on voulait former dans les EPN des professionnels de l'informatique pour qui la rapidité compte beaucoup. Dans le cas d'usagers classiques, il importera plus de viser les méthodes transférables et la réutilisabilité des données (par exemple, inviter à utiliser les styles, les titres...).
Proposer aux apprenants de réaliser une évaluation terminale des compétences
Comme expliqué plus haut, il est souvent nécessaire aux apprenants de pointer ce qu'ils ont appris pour qu'ils s'en rendent compte. C'est l'objet de l'évaluation des compétences.
Autant que peut se faire, une autoévaluation est préférable pour éviter l'idée de sanction. Tous les moyens sont bons : exercices, QCM, échanges. Il est fortement conseillé de faire référence aux objectifs énoncés en début d'atelier pour montrer la cohérence de l'ensemble.
Une évaluation formative est plus adaptée : il s'agit de constater l'évolution des connaissances avant l'atelier et à son issue. Comme cela, la comparaison est temporelle et personnelle. Inutile de savoir si mon voisin connaît plus de choses, ce qui m'importe c'est que j'ai progressé ou non.
Les réactions possibles sont que les usagers n'ont pas l'impression d'avoir beaucoup appris ou éprouvent le besoin de noter tout pour se souvenir. L'atelier n'est qu'un tremplin accélérateur. Aux usagers ensuite de pratiquer pour ancrer les nouvelles compétences.
Évaluer la satisfaction des apprenants en fin d'atelier.
Il est bon de se donner un temps pour que les participants puissent s'exprimer sur leur satisfaction. Cela donne de l'importance à leur avis, et par conséquent les mêle davantage à la vie de l'espace. Éventuellement, les avis peuvent être recueillis par l'animateur pour l'inclure dans son bilan pédagogique.
Toutes les formes sont possibles, en privilégiant de préférence la mise en commun de ces avis. Ce peut être tout simplement une question orale de l'animateur vers le groupe.
L'évaluation de la satisfaction est valable également pour un public d'enfants, même très jeunes. Les formes peuvent alors être adaptées. Par exemple pour des maternelles, on leur demandera de montrer leur satisfaction en baissant les bras (pas content) ou en les levant (content).
(AFP) – 9 juil. 2009
PARIS (AFP) -- L'association française des utilisateurs de télécommunications (Afutt) a dénoncé jeudi le retard pris par la France en matière de numérique et réclamé "des mesures concrètes" afin de garantir l'"internet pour tous" d'ici fin 2012, comme l'a promis le gouvernement.
L'association a adressé une lettre en ce sens à la secrétaire d'Etat chargée du Développement de l'Economie numérique Nathalie Kosciusko-Morizet, a expliqué son président Jacques Pomonti lors d'une conférence de presse.
Elle lui réclame notamment de "mettre en place rapidement des offres à tarifs réduits" pour permettre aux "populations à faibles ressources" d'avoir accès à internet et de "compléter la couverture du territoire sur trois ans par des offres (...) internet de qualité, et non plus par des expérimentations technologiques".
L'association entend par ailleurs demander à Alain Juppé et Michel Rocard, chargés par le Premier ministre François Fillon de réfléchir sur les priorités "d'avenir" de l'emprunt national, de consacrer une part de cet emprunt à l'équipement en nouvelles technologies.
"L'Afutt souhaite que la France, après les cinq années glorieuses de l'ADSL, rattrape le retard qu'elle a accumulé dans l'accès à des services internet haut débit pour 100% des Français", a déclaré M. Pomonti.
"C'est un impératif pour réaliser le plan France numérique 2012 voulu par Nicolas Sarkozy", a-t-il affirmé.
Il faut intervenir vis-à-vis des "laissés pour compte" d'internet, du fait de leur âge, de leur manque de moyens financiers ou de "l'inégalité de couverture du territoire français", a-t-il souligné, en se disant notamment conforté dans son initiative par "la récente décision du Conseil constitutionnel de consacrer la liberté d'accès" à internet "comme un droit fondamental du citoyen".
L'association Villes Internet a mené en 2008, une analyse particulière sur les politiques des villes en matière d'internet et de solidarité. Cette analyse s'appuie sur une vaste enquête sur plus de 200 villes participantes aux Labels Villes Internet.
En dehors de nombreux enseignements révélés par ce Label, l'association a tenté plus spécifiquement de savoir comment la «politique internet» des municipalités, intégrait la dimension «solidarité», participait à une recherche de plus grande cohésion sociale et luttait contre des formes diverses d'exclusion.
Pour ce faire, un focus a été opéré sur les villes ayant signé des contrats urbains de cohésion sociale - CUCS - représentant plus de la moitié des villes de l'étude.
En résumé
L'enquête démontre que les villes limitent trop souvent leur politique internet à éviter une nouvelle exclusion (égalité d'accès et d'usages, accès aux droits) ; dans un deuxième temps, internet va être utilisé de manière transversale par toutes les politiques municipales, et tout particulièrement, celles considérées comme facteur d'insertion (éducation, emploi, droits).
Les politiques municipales restent très centralisées et ne vont que trop rarement favoriser l'émergence de pratiques d'une nouvelle culture numérique (participation, ouverture, mise en réseaux...) ; toutefois ces pratiques existent et il semble nécessaire de les encourager.
Des villes dynamiques... et solidaires !
L'étude souligne que les villes en CUCS adoptent des politiques en faveur des usages de l'internet, plus dynamiques que les villes n'ayant pas à résoudre les questions spécifiques des quartiers dont les populations rencontrent de nombreuses difficultés.
Ce constat confirme une donnée maintenant bien connue et beaucoup plus générale : l'usage du net est d'autant plus répandu et soutenu qu'il répond à un besoin. Ici, le besoin c'est la solidarité. Et pour renforcer cette solidarité, il convient non de partir de la technologie, mais toujours et encore d'une forte volonté politique.
Lorsqu'une équipe municipale est confrontée à de graves questions de cohésion au sein de la population, elle a l'obligation d'être particulièrement dynamique et inventive, ceci avec ou sans internet. Dès lors, il est cohérent que les villes ayant des CUCS, soient plus actives en matière d'internet.
Dans les politiques municipales, l'outil technologique vient :
1/ Prioritairement, éviter de voir émerger une nouvelle exclusion, celle de l'accès et de l'usage de l'internet ;
Dans de nombreuses villes, les lieux publics d'accès à Internet sont choisis spécifiquement dans des quartiers difficiles (dans les quartiers ZUS, par exemple à Saint Laurent de Blangy ou dans un centre sportif à Saint Paul Trois Chateaux) ; notons l'initiative de la ville d'Argentan, qui, grâce à un «proxi'bus» lutte contre l'exclusion géographique des populations rurales éloignées.
Ce qui est vrai pour les lieux, est également vrai pour les publics étant ou risquant d'être marginalisés, du fait de leur âge, sexe, culture, éloignement géographique ou difficultés économiques. Des formations ou actions spécifiques sont développées par de nombreuses municipalités (ainsi, pour les seniors et demandeurs d'emploi à Lambersart, et pour les jeunes de quartiers, ou personnes souffrant d'un handicap, à Laval) ;
Enfin, les villes se mobilisent également sur l'équipement, pour doter ces publics des outils informatiques. C'est le cas à Courbevoie ou à Fontenay sous Bois, où des actions de recyclage des matériels informatiques bénéficient prioritairement à des populations défavorisées.
Parallèlement à cette politique d'insertion numérique, les municipalités se mobilisent également pour améliorer l'accès aux droits et aides des publics défavorisés. C'est le cas pour les sites internet des villes de Canejan, de Trith Saint Leger ou encore de Meylan, qui décrivent précisément les aides sociales, démarches, structures d'accompagnement utiles aux populations en difficultés.
2/ Parallèlement, Internet vient irriguer toutes les politiques municipales... et contribuer à lutter contre une exclusion déjà existante.
L'enquête constate qu'internet est utilisé dans toutes les politiques municipales, particulièrement celles considérées comme fondamentales à une meilleure cohésion sociale, telle l'éducation et l'emploi.
Ainsi, de nombreuses municipalités s'appuient sur l'outil internet dans leur politique Education, l'école étant un des premiers lieux de vie où on peut tenter de réduire les inégalités. Au-delà de l'équipement des classes (Echirolles ou Merignac), ou de soutien scolaire (Argentan, Besançon), les villes travaillent avec des structures d'éducation populaire comme à Grigny, et mènent de nombreuses actions d'alphabétisation pour tout public (Noisy le Sec, Pierrefitte sur Seine).
En matière d'emploi, autre source d'exclusion, les municipalités mettent en place des structures de formation et d'aide à la recherche d'emploi (Vannes, Croissy sur Seine) et recherchent à rassembler en réseaux tous les acteurs oeuvrant dans ce domaine, afin de rechercher une plus grande cohérence de leurs actions de lutte contre le chômage (Saint Joseph de la Réunion, Mérignac, Lomme et son portail collaboratif).
Progressivement, toutes les autres politiques municipales sont également irriguées, certes de manière inégale, par l'outil internet, majoritairement pour améliorer l'accès à l'information. Qu'il s'agisse d'accès à la culture (K'ARTiers Festival à Laval) et aux loisirs (Jouy en Josas ou Bretigny sur Orge), de patrimoine (Argentan) ou de vie quotidienne (La Garde).
Aider les villes à entrer dans l'ère numérique
L'ensemble des approches municipales se caractérise par un simple constat : l'internet reste et demeure un outil au service d'une politique municipale. Et principalement un outil d'information.
Trop peu de villes encore tentent de modifier les pratiques en cours, les relations aux administrés et aux habitants, les formes de conception et de mise en oeuvre des politiques municipales ; les expérimentations, la créativité, l'acceptation du risque, l'appel à l'imaginaire restent rares.
Ainsi, l'enquête démontre que dans la grande majorité des politiques municipales, Internet est encore considéré comme un outil ; la technologie, la machine semble encore loin de disparaître, et de se rendre invisible dans des pratiques.
La culture numérique se caractérise par l'approche horizontale, complexe, multiple et partagée de toute réalité sociale ; ce que nous résumons souvent par «l'approche en réseaux» ; les mots clefs qui caractérisent cette culture émergente sont : don, partage, solidarité, confiance, participation, réseaux, jeu... Et cette culture numérique est naturellement «incluante», intrinsèquement solidaire. D'où l'urgente nécessité de s'inspirer et d'étendre les pratiques d'usages de l'internet de villes ayant contracté un CUCS, qui face à un surplus de difficultés, font preuve d'innovation politique et sociale.
Car l'approche municipale demeure trop souvent centralisée. L'enquête constate que les politiques internet des municipalités sont principalement «top/down», de la mairie et de ses services vers les habitants. Très rarement des populations vers la mairie.
Toutefois, le constat ne doit pas être trop sévère, car apparaissent de plus en plus nombreuses de nouvelles pratiques à l'initiative ou non des municipalités.
Des espaces de libres d'expression, et des réseaux d'échanges sont facilités par les villes, tels le portail dédié à la participation des habitants de Grigny ou les nombreux forum de discussion à Saint Martin D'Hères. Certaines villes vont plus loin et aident à la formation à l'expression, et à la production de contenus et de sites associatifs (Grigny, Brest).
On trouve également de plus en plus de municipalités qui «aident à faire» plutôt que de faire elles seules, tout particulièrement dans la constitution et l'animation de réseaux sociaux (Grenoble et le réseau Peuplade, ou la mise en réseau des enfants de divers centres sociaux, à Marly). La volonté de «contrôle» des équipes municipales cède la place à des démarches d'évaluation collective (Grigny et SDnet).
Des dispositifs innovants, tels «voisins solidaires» à Merignac, laissent à la population le soin de résoudre un certain nombre de demandes ciblées et de problèmes spécifiques. Et de nouveaux modes d'expression telle la Web TV de Saint Laurent de Blangy, contribuent à changer le regard sur la création et la diffusion de l'information.
Toutes ces démarches doivent être valorisées. L'expérimentation est au coeur de la mutation à opérer vers des sociétés numériques. De nombreuses villes l'ont compris, certaines sont encore trop prudentes. Mais toutes ont besoin d'être soutenues et accompagnées.
Et dans chaque ville les lieux dédiés ont un role fondamental assumé par les animateurs d'espaces multimédia.
Pour un service public égal il y a urgence à ce que les acteurs échangent leurs valeurs, leurs pratiques et leurs expériences !
Vos avis et commentaires sur ce texte sont ... souhaités !


