politique (12)
Clichy-sous-Bois (93) a vécu une semaine très sportive.
Tout d'abord, avec l'inauguration lundi 13 septembre, cinq ans après sa destruction par incendie du gymnase Armand-Desmet numéro 2.
Le premier du nom est hélas devenu un symbole des violences urbaines à l'automne 2005.
La ville reste marquée par la mort, cinq ans plus tôt de deux adolescents, Bouna Traoré et Zyed Benna, électrocutés à l'intérieur du transformateur EDF dans lequel ils s'étaient cachés. Leur mort avait entraîné de violentes émeutes urbaines en 2005, dans les quartiers, partout en France.
Le gymnase Armand-Desmet numéro 1 avait disparu dans les flammes en novembre 2005, alors que les violences se calmaient à l'échelon national. Ce lundi 13 septembre, Clichy franchissait un cap, d'autant plus délicat puisque que le réquisitoire écrit du procureur chargé de l'enquête sur le décès des deux jeunes clichois avait conclu au non-lieu, le vendredi précédant l'inauguration.
Voisin du collège Louise-Michel, ce nouvel équipement Haute Qualité Environnementale qui accueille les activités proposées par les clubs de la Ville (Tae Kwon Do, basket... ) a été repensé de « A » à « Z ». La ville de Clichy-sous-Bois a tenu à affirmer toute l'importance citoyenne qu'elle donnait à ces disciplines.
En présence de Rama Yade, Secrétaire d'Etat aux Sports, Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, Jean-Paul Huchon, président de la Région ïle-de-France, Claude Bartolone, président du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis, ont inauguré le gymnase, le deuxième du nom d'Armand Desmet, champion d'Europe de judo en 1967 et vivant toujours à Clichy. Ce dernier a fait un beau discours imprégné d'éducation populaire et de pédagogie sportive.
Plus spacieux, le nouveau gymnase bâti à l'emplacement de l'ancien a une surface utile de 2.316 m2 et comprend une salle de sports collectifs de 1400 m2, une salle dojo spacieuse de 390 m2, une salle polyvalente de 340 m2 avec 264 places assises. La reconstruction revient à un total de 5 M €;, dont 1,2 M€; versé par la société d'assurance SMACL au titre de l'assurance incendie, 1 M€; par le Conseil général de Saint-Saint-Denis, 2 M€; par le Conseil Régional. La ville contribue à hauteur de 835.000 €; et le Ministère des sports a versé 750.000 €.
Prévu ce samedi 18 septembre, le Forum des Sports de Clichy-sous-Bois a réuni toutes les associations de la cité qui allaient comme chaque début d'année à la rencontre de leurs futurs membres. Riche de 5 gymnases avec cet équipement ressuscité, la ville de 17.000 habitants, connue pour être l'une des plus pauvres de France a vécu un moment fédérateur.
A voir la page de la ville sur les sports :
on peut télécharger le guide 2010-2011 des activités sportives proposées par les clubs et associations. Dans leur éditorial, Claude Dilain et son adjoint aux sports Abdelali Meziane soulignent la grande dynamique de cette ville qui compte énormément de jeunes.
Quelques uns des clubs
Moving Taekwondo, revenu au gymnase dans un dojo tout neuf. A lire, le portrait de Moussa Cissé, champion de France, dans le partisien du 25 août 2008
Kick Boxing avec un champion d'Europe
La Délégation aux usages de l' 'Internet (DUI) ouvre deux nouveaux sites web dédiés aux espaces publics numériques :
Un portail général d''information, de ressources et d'échange, www.netpublic.fr
Il s' adresse aux acteurs et professionnels de l' accompagnement aux TIC et à l' 'Internet (responsables et animateurs d'EPN, médiateurs TIC, coordonnateurs de réseaux d'EPN, responsables des politiques d''accès public à Internet, ?) et à toutes les personnes désireuses d'être guidées pour maîtriser les usages numériques.
Le portail NetPublic vise aussi bien à faire connaître au public les EPN et les services qu 'ils proposent qu''à offrir aux acteurs de l' accompagnement aux TIC un espace gratuit d'information, de ressources, de partage et de valorisation de leurs initiatives.
Il remplace l 'ancien site http://delegation.internet.gouv.fr.
Un portail spécialisé dans l' 'accompagnement des demandeurs d'emploi sur Internet, www.netemploi.fr
Créé à l'initiative de Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'Etat chargée du développement de l'économie numérique, en collaboration avec l'association CREATIF et la Caisse des Dépôts, pour répondre aux besoins d'accompagnement des chercheurs d''emploi souvent démunis face aux nécessaires démarches sur Internet, il est conçu comme un instrument d''appui pour les professionnels de l'accompagnement aux outils et services numériques de l'emploi. Ils pourront ainsi trouver, rassemblés sur un même site, un accès facilité aux informations et ressources en ligne (offres d''emploi, droits et démarches, services et conseils aux candidats) ainsi qu''un espace d''échange et de partage d''expériences.
Les deux sites, associés par une base de ressources et un back office communs, sont construits avec une interface ergonomique basée sur un logiciel libre de gestion de contenus et des outils web 2.0, facile d''utilisation et accessible à tous.
Ils reposent sur des principes de partage et de mutualisation et visent à développer au niveau national une communauté d'acteurs de l''accompagnement aux TIC à travers un forum de discussion et grâce à l''animation assurée par Jean-Luc Raymond, relayée sur Facebook et Twitter.
N'hésitez pas à tester et utiliser ces sites comme outils de travail et à faire remonter vos remarques et celles des usagers qui fréquentent vos espaces publics. Ces sites, loin d'être figés, s'enrichiront des remarques, critiques constructives, constats que vous pourrez formuler.
A vous et aux usagers de dire s'ils correspondent à vos attentes !
Colloque 3 février 2010
Internet pour tous, internet solidaire
En attendant les actes du colloque, un petit résumé des propos tenus par les différents intervenants au fil de la journée (source : synthèse de la journée, disponible sur le site de Villes Internet ici
INTRODUCTION
Jean-François VOGUET, le sénateur-maire de Fontenay-sous-Bois
Le thème de la solidarité est fondamental pour réussir le pari d'une ville en partage et l'internet pour tous en est l'un des axes essentiels » Internet est au coeur de la vie sociale.
Bernard BENHAMOU, Délégué aux usages de l'internet
L'accès à l'internet est un droit fondamental qui justifie la gratuité de ce service pour lesp lus défavorisés ou, à défaut, lam ise en place d'un tarif social. Il faut mettre en place des politiques d'accès pour tous : les plus de 60 ans et les personnes à revenus modestes sont particulièrement concernées par les nouveaux efforts à concrétiser. Nouvceau défi à prévoir : selon certaines prévisions, les « mobinautes » (téléphone mobile) dépasseront en nombre les internautes en 2012. là aussi, il faut s'assurer que tous auront droit d'accès.
Le numérique pour tous dans les quartiers populaires : M. BRIAND (Créatif) et B. BOISSIERE (IRDSU)
Le taux de connexion moyen est élevé aujourd'hui. Reste un problème fondamental : travailler davantage sur les compétences numériques de chacun. . Les conséquents budgets de l'aménagement numérique du territoire devraient consacrer pour une efficacité idéale une part de 5 à 10% pour l'accompagnement au quotidien et en proximité avec les usagers. Différents freins reviennent régulièrement dans les études menées au sujet de la fracture numérique qui rime souvent avec fracture sociale (cf la synthèse).
Réaffirmer l'enjeu du numérique dans les quartiers populaires semble aujourd'hui nécessaire.
Le travail en réseau des acteurs impliqués, leur formation, l'action pédagogique auprès des personnes isolées sont à développer.
Table ronde n°1 : internet et habitat social
E. Lamoulen (Toit Angevin), R. Roué (EPN Kerorvien à Brest), M. Beauchamps (chercheur)
Pour les locataires, selon le Toit Angevin, bailleur social, le coût et les conditions d'acces à internet les préoccupent. A noter la différence marquée du taux de connexion des foyers selon leurs revenus, les plus modestes étant aussi les moins connectés. Le risque de se ruiner existe en cas d'abonnement, notamment quand plusieurs ados vivent au foyer.
L'internaute moyen n'existe pas. Il y a ceux qui ont internet et ceux qui ne l'ont pas. Et malheureusement ce sont ceux qui en auraient le plus besoin qui y ont le moins accès.
A voir, exemples à Angers et Brest sur la synthèse complète.
Le prix comme frein majeur à l'équipement et l'abonnement. Une fois toutes les factures payées, il ne reste à certaines familles que 80 euros par mois : sur cette somme résiduelle, les 20 euros d'abonnement internet sont insurmontables. Les offres actuelles d'accès universel sont inadaptées. Méfiance également : certains opérateurs peuvent se servir de l'internet offert gratuitement dans un premier temps comme produit d'appel pour des produits suivants facturés à prix prohibitifs aux collectivités.
PROPOSITIONS : Développer l'accompagnement des personnes, la puissance publique peut financer les infrastructures et l'internet social , developpement des logiciels libres.
Table ronde numero 2 : Tous équipés; Une démarche éco-sociale
P. Perez de la DUI, G. Berhault de l'ACCID, H. Beaulme d'Ecodair et J. Houdremont de la M@ison de Grigny
Important problème d'accès à l'équipement (prix élevé des ordinateurs) A éviter : la fracture entre population sous-équipée et population suréquipée. Solutions : entreprises de recondsitionnement d('ordinateurs, avec emploi de personnes en difficulté.
Les utilisateurs accèdent ainsi à bas prix à l'équipement informatique.
Table ronde n°3 : Tous usagers : Un enjeu citoyen
avec P. Guillou de IDEOSE, D. Robert de Microlithe, E. Le Faucheur Joncour (Brest) et V. le Bihan d'Aubervilliers
Pour faciliter l'accession numérique et diffusion des compétences , des expériences ont été menées à Brest pour la rencontre de deux réseaux essentiels : les acteurs du domaine social et la ville, avec la création d'une plateforme d'infos.
Aubervilliers a parié sur les assistantes sociales, sur le renforcement des ateliers numériques
existant en médiathèque.
Microlithe parie sur les logiciels d'aide et de soutien scolaire (entre autres).
La société Ideose réfléchit à l'accès au web pour des personnes aveugles ou sans compétences techniques numériques de base. Il faudrait intégrer l'utilisation du web comme une véritable accession transversale, partir d'un concept pour les personnes handicapées et en tirer des conclusions et des solutions pour un public sans handicap.
Atelier A – Réunion du groupe de travail numérique et politique de la Ville : voir les propositions dans la synthèse ici ou dans article du réseau ici
http://www.villes-internet.net/UPLOAD/article/pages/2695_article.php
CONCLUSIONS
M.Laget, DATAR
Le numérique passe d'un statut utilitaire à une multiplicité des usages. Attentes individuelles, collectives, globales. En Europe, des programme incluent l'accès au numérique, dont les financements restent à organiser.
Législatif : loi lutte contre la fracture numérique, aménagement du territoire, circulaire du 31 juillet 2009 poussant le préfet à organiser la concertation pour SCOT régional et schéma directeur.
Hervé MASUREL SG-CIV
Quatre axes à travailler : Faciliter l'accès à l'équipement, inciter à un usage intelligent de l'internet, faire en sorte que le numérique puisse faciliter l'accès au service de proximité, faire participer les habitants obligatoirement.
Loïc Damiani : adjoint à Fontenay
Les projets publics doivent aussi trouver leur place en matière d'internet, notamment pour les jeunes. Le numérique, les échanges générés via internet pour création de lien intergénérationnel ou social pour publics en difficiultés doivent être multipliées.
ANSA
http://www.solidarites-actives.com/
EPN de Kerourien
http://psaume.infini.fr/mot.php3?id_mot=8
Toit Angevin
IDEOSE
ACCID
http://www.acidd.com/UPLOAD/rubrique/pages/118/118_rubrique.php
Ecodair, entreprise de reconditionnement de matériel informatique
http://www.ordinateur-occasion.com/
http://www.ordinateur-occasion.com/ecodair-463.html
Parlez Cités
http://www.projets-citoyens.fr/node/1524
Maison de Grigny (69)
ANIS -Roubaix
http://www.nord-internet-solidaire.org/spip.php?article1373
Créatif -Brest
http://www.creatif-public.net/article887.html
Inter-réseau des professionnels du développement social urbain
Page du colloque du 3 février sur le site de Fontenay-sous-bois
http://www.fontenaynumerique.net/colloque-internet-pour-tous-3-2-10/
Video internet pour tous de Fontenay sous bois
http://www.dailymotion.com/video/xc0oi5_internet-pour-tous-qu-en-dites-vous_news
les webtrotteurs
Les labels Ville internet 2010 ont distingué pour sa première participation, la ville de Remire-Montjoly en Guyane Française. Comptant plus de 18.000 habitants, la commune, proche de Matoury et de Cayenne a lancé de nombreuses initiatives pour faciliter la vie des habitants, en lien avec internet, que ce soit en matieère d'e-administration ou accès public.
Patricia Gerard, septième adjointe était présente à la cérémonie des labels et nous parle de la politique de la ville en matière d'accès public à intertnet, en particulier dans le quartier des Ames Claires, l'un des trois quartiers populaires aidés par un dispositif national sur le territoire de la commune.
Lors de la biennale de la M@ison de Grigny, qui s'est déroulée avec succès les 4 et 5 décembre, la ville de Grigny a présenté sa nouvelle plateforme video à destination des collectivités locales. KIKAVU sera présentée tout ce mois de décembre à la presse Rhônalpine et aux invités de la traditionnelle cérémonie de remise des labels villes internet le 15 décembre au Cabaret Sauvage à Paris. Elle devrait être opérationnelle à la mi-janvier 2010.
A ne pas confondre avec KIKALU, un projet d'expression citoyenne portée par la même M@ison de Grigny à destination du Grand Lyon.
Nous avons, à cette occasion, posé quelques questions à René Balme, maire de Grigny, qui a eu l'idée de créer cette plateforme spécifique et qui explique les motivations et espoirs de cette création.
Samedi 5 septembre, le quartier des Prés Saint-Jean de Chalon-sur -Saône (Saône et Loire) a connu un moment marquant et toujours spectaculaire, mais désormais traditionnel pour la politique de la ville, avec la destruction de trois tours d'habitation dans le cadre d'une procédure pilotée par l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine. Massée dans le quartier ou en rive de saône, la population chalonnaise a dit adieu aux tours. En deux minutes, trois tours pleines de souvenirs se sont écroulées. Un moment attendu qui veut, selon le député-maire, Christophe Sirugue, redessiner "un nouveau visage à Chalon sur Saône"
Le quartier des Prés Saint-Jean, encore appelé la ZUP, abrite 15% de la population chalonnaise : 3100 logements pour 7400 habitants. "La ville la plus dynamique de Bourgogne en matière d'innovation" a souligné le président de la région Bourgogne, François Patriat. Le quartier a également l'intention de devenir la vitrine sportive de la ville, avec la proximité de la base nautique, du boulodrome...
A voir les pages du quartier sur le site de la mairie
Wiki collaboratif quartiers politique de la ville et internet : l'exemple de Thonon-les-Bains (74)
Je reposte ici la contribution de Loïc Gervais, animateur à Thonon les Bains et membre de notre réseau qui a publié sur le wiki collaboratif mis en place par Villes internet, Creatif et la Délégation aux usages de l'internet et le Secrétariat général du Comité interministériel des Villes. N'hésitez pas, vous aussi,n à alimenter directement par vos intiatives locales en quartiers CUCS ou à destination de ces quartiers, ce wiki.Ce sera une base de documentation précieuse pour le groupe de travail auquel participeront plusieurs animateurs.
Ville de Thonon les Bains
Au sein de la Ville de Thonon-les Bains, l'appropriation des Nouvelles Technologies est portée par le Secteur Politique de la Ville. En 2004, la Ville de Thonon les Bains recrute un Animateur Multimédia pour mettre en place et coordonner les cinq Points Nets de la Ville. Ces Points Nets sont implantés dans des Espaces d'animation de Quartier. Parallèlement à ce service de proximité organisé en accès libre pour la population, l'animation est centralisée en un sixième Point Net, le Point Net Grangette.Au delà de l'accès libre, le Point Net Grangette, propose des ateliers collectifs d'initiation au multimédia dans le cadre de la charte NetPublic. En 2006 la Ville de Thonon les Bains signe un Contrat Urbain de Cohésion Sociale en partenariart avec l'État et la Région Rhône Alpes. Dans le cadre de ce CUCS, l'accès aux Nouvelles Technologies constitue un prioritaire et transversale. A ce titre dès 2008, un animateur multimédia dit « de proximité » est recruté pour :
Réduire la fracture numérique Lutter contre l'illectronisme Promouvoir la Démocratie Participative
Mise en place d'un blog interquartiers http://bloginterquartiers.over-blog.com/Texte gras
En septembre 2008 la Ville de Thonon a mis en place un blog interquartiers. Ce blog permet de valoriser les actions « politique de la ville » dans les quartiers. Ce blog est alimenté par les acteurs de la Politique de la Ville. Il est administré par un animateur multimédia qui intervient plus spécifiquement dans les quartiers relevant du Contrat Urbain de Cohésion Sociale. Il est un véritable outil de promotion des actions dans les territoires relevant du CUCS. Au bout d'un an de mise en service, le blog reçoit en moyenne plus de 140 visiteurs uniques par mois pour un total de plus de 620 pages vues par moi. L'originalité de cet outil est de permettre à tous, et y compris aux habitants de pouvoir alimenter le blog.. L'animateur multimédia intervient alors pour un éventuel accompagnement technique.
Mise en place de « permanences multimédia »
Parallèlement à l'ouverture du blog interquartiers, la Ville de Thonon a engagé un animateur multimédia dans le cadre du CUCS pour intervenir dans les Espaces de Quartier de la Ville. A ce jour, l'animateur est présent une fois par semaine dans trois de ses espaces (la ville compte cinq espaces de quartiers, seuls quatre d'entre eux disposent d'un EPN). La présence de l'animateur multimédia est systématiquement couplée avec la présence d'autres partenaires (institutionnels, associatifs...) et son intervention s'inscrit dans une démarche globale d'accompagnement à la personne.
Les demandes se répartissent en trois catégories
Accompagnement à l'aide aux devoirs ( pour les moins de 12 ans) L'accompagnement à la navigation (démarches en ligne, téléprocédures, achats en ligne) pour les 25-55 ans. Accompagnement individualisé pour les plus de 55 ans (en appui d'initiation en groupe ou non)
Accompagnement de projets
Depuis septembre 2009, l'animateur multimédia de proximité intégre les réunions d'équipe du Centre Social Inter Quartiers (gestionnaire des Espaces de Quartiers). En étant au plus près des animateurs du Centre Social, l'animateur peut distiller « une dose de multimédia » dans toute action menée par ses équipes. Après un mois, il a ainsi accompagner deux projets et réalisé une intervention ponctuelle pour un troisième. Les projets réalisés son toujours retransmis au sein de l'équipement dans lequel ils ont été réalisés d'une part et sur le blog interquartiers d'autre part.
Dans le cadre des accompagnements de projets l'animateur multimédia initie les équipes (animateurs et public) à l'utilisation des nouvelles technologies (web reportage, diaporama, écriture sur le blog...) contribuant ainsi à la diffusion des NTIC.
En conclusion, la mise en exergue et la formalisation de cet enjeu dans le cadre du CUCS a permis d'appuyer la légitimité de développer la politique TIC à l'échelle du territoire communal.
Focus EPN Toulouse (Suite)
Les hautes technologies sont bien représentées à Toulouse. Si on connaissait l'aéronautique, n'oublions pas la téléphonie mobile et la géolocalisation. La ville a pour ambition de devenir la capitale européenne dans ce secteur. En effet, c'est dans sa Communauté urbaine que se trouvent Galileo (concurrent de l'américain GPS), Thalès, le CNES, et de nombreuses start-ups spécialisées dans les services mobiles géolocalisés.
Pourtant, il a été démontré à Toulouse une carence dans le développement des EPN. A ce jour, 37 accès publics à internet (API) ont été recensés dont 25 seulement sont éligibles au titre d'EPN. Discuter de ce sujet était l'objet de la réunion participative du 17 septembre dernier dans l'amphithéâtre de la salle du Sénéchal, à l'occasion de la présentation de l'étude « Bilan des lieux d'accès publics à internet et au multimédia et scenarii d'intervention », en présence de Serge Bergamelli, Directeur régional Midi-Pyrénées de la Caisse des Dépôts et d'Erwane Monthubert, conseillère Déléguée aux TIC à la Mairie de Toulouse.
Le rappel des éléments de contexte est intéressant : 45 % de la population française ne se connecte jamais. Pour 12 % c'est trop cher, pour 29 % c'est trop compliqué et 20 % n'en voient pas l'utilité (Source CREDOC 2007). Si 64 % des usagers ont besoin d'accompagnement, ce besoin est notablement satisfait par le professionnalisme des animateurs d'EPN – ce qui dit toute l'importance de leur existence. Parmi les dispositifs nationaux d'EPN, il faut souligner la présence du réseau Cyber-base, le plus important en France (852 espaces, 1 800 animateurs), également bien structuré dans la région Midi-Pyrénées (57 espaces, 110 animateurs).
On observe comme tendances une action associative positive en termes d'animation mais une gestion souvent instable, ainsi que la volonté des collectivités de disposer d'une visibilité sur les actions menées. A Toulouse, il n'y aurait pas réellement de politique globale en matière d'accès public à internet dans les quartiers, des qualités d'accès et de service très variables, des lieux peu visibles...
Pour mettre en perspectives les enjeux liés aux EPN, trois thématiques majeures sont recensées :
1. Quels sont les principaux publics accueillis ?
- Demandeurs d'emploi (environ 30%),
- Jeunes, collégiens, lycées,
- Retraités et seniors (en forte progression),
- Commerçants et artisans (nouvelle population en émergence),
- Partenaires locaux (associations, etc.).
2. Quels sont les usages des utilisateurs ?
- Emploi (assistance aux démarches en ligne...),
- Education, enfance (soutien scolaire et projets pédagogiques...),
- Social (aide au montage de projets associatifs...),
- Services publics en ligne (assistance aux démarches en ligne...),
- Développement économique (proposition du Passeport pour l'Economie Numérique),
- Insertion (aide à la lecture, apprentissage du français...),
- Culture (création artistique et culturelle...),
- Handicap (compensation des déficiences).
3. Quels sont les attentes des équipes de ces espaces ?
- Pérenniser leur fonctionnement,
- Faire évoluer l'offre d'animation,
- Toucher de nouveaux publics,
- Disposer de plus de visibilité à l'échelle locale.
- Compenser les fragilités financières, surtout dans le cadre d'un portage associatif,
- Renouveler le matériel vieillissant.
En conclusion, il ne faut pas oublier que l'EPN est un outil au service des politiques publiques. Il a pour vocation d'offrir un accès pour tous dans un souci d'équité et de cohésion, et intervient dans de nombreux domaines tels le développement social et économique, l'aménagement du territoire, l'amélioration de l'accès aux services publics.
Jeudi 17 septembre 2009 s'est tenue à Toulouse une réunion concernant la préparation de l'étude "Bilan des lieux d'accès publics à Internet et au multimédia et scénario d'intervention pour la ville de Toulouse". Présidée par Erwane Monthubert (conseillère Déléguée aux TIC à la Mairie de Toulouse) et Serge Bergamelli (Directeur Régional Midi-Pyrénées de la Caisse des Dépôts), cette réunion participative a réuni une soixantaine d'acteurs territoriaux et associatifs, de responsables et animateurs d'espaces publics numériques. L'étude, présentée par la société CAP-TIC, a mis en perspective les EPN toulousains : état des lieux, enjeux, acteurs, etc. La ville rose souhaite en effet mettre en oeuvre une politique ambitieuse de déploiement des espaces publics numériques pour ses administrés, en veillant à répondre aux besoins de populations spécifiques, tels les demandeurs d'emploi, les séniors ou encore les commerçants et artisans.
Villes Internet était présent... et postera ici pour vous une synthèse de ce bilan dans quelques jours.
(AFP) – 9 juil. 2009
PARIS (AFP) -- L'association française des utilisateurs de télécommunications (Afutt) a dénoncé jeudi le retard pris par la France en matière de numérique et réclamé "des mesures concrètes" afin de garantir l'"internet pour tous" d'ici fin 2012, comme l'a promis le gouvernement.
L'association a adressé une lettre en ce sens à la secrétaire d'Etat chargée du Développement de l'Economie numérique Nathalie Kosciusko-Morizet, a expliqué son président Jacques Pomonti lors d'une conférence de presse.
Elle lui réclame notamment de "mettre en place rapidement des offres à tarifs réduits" pour permettre aux "populations à faibles ressources" d'avoir accès à internet et de "compléter la couverture du territoire sur trois ans par des offres (...) internet de qualité, et non plus par des expérimentations technologiques".
L'association entend par ailleurs demander à Alain Juppé et Michel Rocard, chargés par le Premier ministre François Fillon de réfléchir sur les priorités "d'avenir" de l'emprunt national, de consacrer une part de cet emprunt à l'équipement en nouvelles technologies.
"L'Afutt souhaite que la France, après les cinq années glorieuses de l'ADSL, rattrape le retard qu'elle a accumulé dans l'accès à des services internet haut débit pour 100% des Français", a déclaré M. Pomonti.
"C'est un impératif pour réaliser le plan France numérique 2012 voulu par Nicolas Sarkozy", a-t-il affirmé.
Il faut intervenir vis-à-vis des "laissés pour compte" d'internet, du fait de leur âge, de leur manque de moyens financiers ou de "l'inégalité de couverture du territoire français", a-t-il souligné, en se disant notamment conforté dans son initiative par "la récente décision du Conseil constitutionnel de consacrer la liberté d'accès" à internet "comme un droit fondamental du citoyen".
L'association Villes Internet a mené en 2008, une analyse particulière sur les politiques des villes en matière d'internet et de solidarité. Cette analyse s'appuie sur une vaste enquête sur plus de 200 villes participantes aux Labels Villes Internet.
En dehors de nombreux enseignements révélés par ce Label, l'association a tenté plus spécifiquement de savoir comment la «politique internet» des municipalités, intégrait la dimension «solidarité», participait à une recherche de plus grande cohésion sociale et luttait contre des formes diverses d'exclusion.
Pour ce faire, un focus a été opéré sur les villes ayant signé des contrats urbains de cohésion sociale - CUCS - représentant plus de la moitié des villes de l'étude.
En résumé
L'enquête démontre que les villes limitent trop souvent leur politique internet à éviter une nouvelle exclusion (égalité d'accès et d'usages, accès aux droits) ; dans un deuxième temps, internet va être utilisé de manière transversale par toutes les politiques municipales, et tout particulièrement, celles considérées comme facteur d'insertion (éducation, emploi, droits).
Les politiques municipales restent très centralisées et ne vont que trop rarement favoriser l'émergence de pratiques d'une nouvelle culture numérique (participation, ouverture, mise en réseaux...) ; toutefois ces pratiques existent et il semble nécessaire de les encourager.
Des villes dynamiques... et solidaires !
L'étude souligne que les villes en CUCS adoptent des politiques en faveur des usages de l'internet, plus dynamiques que les villes n'ayant pas à résoudre les questions spécifiques des quartiers dont les populations rencontrent de nombreuses difficultés.
Ce constat confirme une donnée maintenant bien connue et beaucoup plus générale : l'usage du net est d'autant plus répandu et soutenu qu'il répond à un besoin. Ici, le besoin c'est la solidarité. Et pour renforcer cette solidarité, il convient non de partir de la technologie, mais toujours et encore d'une forte volonté politique.
Lorsqu'une équipe municipale est confrontée à de graves questions de cohésion au sein de la population, elle a l'obligation d'être particulièrement dynamique et inventive, ceci avec ou sans internet. Dès lors, il est cohérent que les villes ayant des CUCS, soient plus actives en matière d'internet.
Dans les politiques municipales, l'outil technologique vient :
1/ Prioritairement, éviter de voir émerger une nouvelle exclusion, celle de l'accès et de l'usage de l'internet ;
Dans de nombreuses villes, les lieux publics d'accès à Internet sont choisis spécifiquement dans des quartiers difficiles (dans les quartiers ZUS, par exemple à Saint Laurent de Blangy ou dans un centre sportif à Saint Paul Trois Chateaux) ; notons l'initiative de la ville d'Argentan, qui, grâce à un «proxi'bus» lutte contre l'exclusion géographique des populations rurales éloignées.
Ce qui est vrai pour les lieux, est également vrai pour les publics étant ou risquant d'être marginalisés, du fait de leur âge, sexe, culture, éloignement géographique ou difficultés économiques. Des formations ou actions spécifiques sont développées par de nombreuses municipalités (ainsi, pour les seniors et demandeurs d'emploi à Lambersart, et pour les jeunes de quartiers, ou personnes souffrant d'un handicap, à Laval) ;
Enfin, les villes se mobilisent également sur l'équipement, pour doter ces publics des outils informatiques. C'est le cas à Courbevoie ou à Fontenay sous Bois, où des actions de recyclage des matériels informatiques bénéficient prioritairement à des populations défavorisées.
Parallèlement à cette politique d'insertion numérique, les municipalités se mobilisent également pour améliorer l'accès aux droits et aides des publics défavorisés. C'est le cas pour les sites internet des villes de Canejan, de Trith Saint Leger ou encore de Meylan, qui décrivent précisément les aides sociales, démarches, structures d'accompagnement utiles aux populations en difficultés.
2/ Parallèlement, Internet vient irriguer toutes les politiques municipales... et contribuer à lutter contre une exclusion déjà existante.
L'enquête constate qu'internet est utilisé dans toutes les politiques municipales, particulièrement celles considérées comme fondamentales à une meilleure cohésion sociale, telle l'éducation et l'emploi.
Ainsi, de nombreuses municipalités s'appuient sur l'outil internet dans leur politique Education, l'école étant un des premiers lieux de vie où on peut tenter de réduire les inégalités. Au-delà de l'équipement des classes (Echirolles ou Merignac), ou de soutien scolaire (Argentan, Besançon), les villes travaillent avec des structures d'éducation populaire comme à Grigny, et mènent de nombreuses actions d'alphabétisation pour tout public (Noisy le Sec, Pierrefitte sur Seine).
En matière d'emploi, autre source d'exclusion, les municipalités mettent en place des structures de formation et d'aide à la recherche d'emploi (Vannes, Croissy sur Seine) et recherchent à rassembler en réseaux tous les acteurs oeuvrant dans ce domaine, afin de rechercher une plus grande cohérence de leurs actions de lutte contre le chômage (Saint Joseph de la Réunion, Mérignac, Lomme et son portail collaboratif).
Progressivement, toutes les autres politiques municipales sont également irriguées, certes de manière inégale, par l'outil internet, majoritairement pour améliorer l'accès à l'information. Qu'il s'agisse d'accès à la culture (K'ARTiers Festival à Laval) et aux loisirs (Jouy en Josas ou Bretigny sur Orge), de patrimoine (Argentan) ou de vie quotidienne (La Garde).
Aider les villes à entrer dans l'ère numérique
L'ensemble des approches municipales se caractérise par un simple constat : l'internet reste et demeure un outil au service d'une politique municipale. Et principalement un outil d'information.
Trop peu de villes encore tentent de modifier les pratiques en cours, les relations aux administrés et aux habitants, les formes de conception et de mise en oeuvre des politiques municipales ; les expérimentations, la créativité, l'acceptation du risque, l'appel à l'imaginaire restent rares.
Ainsi, l'enquête démontre que dans la grande majorité des politiques municipales, Internet est encore considéré comme un outil ; la technologie, la machine semble encore loin de disparaître, et de se rendre invisible dans des pratiques.
La culture numérique se caractérise par l'approche horizontale, complexe, multiple et partagée de toute réalité sociale ; ce que nous résumons souvent par «l'approche en réseaux» ; les mots clefs qui caractérisent cette culture émergente sont : don, partage, solidarité, confiance, participation, réseaux, jeu... Et cette culture numérique est naturellement «incluante», intrinsèquement solidaire. D'où l'urgente nécessité de s'inspirer et d'étendre les pratiques d'usages de l'internet de villes ayant contracté un CUCS, qui face à un surplus de difficultés, font preuve d'innovation politique et sociale.
Car l'approche municipale demeure trop souvent centralisée. L'enquête constate que les politiques internet des municipalités sont principalement «top/down», de la mairie et de ses services vers les habitants. Très rarement des populations vers la mairie.
Toutefois, le constat ne doit pas être trop sévère, car apparaissent de plus en plus nombreuses de nouvelles pratiques à l'initiative ou non des municipalités.
Des espaces de libres d'expression, et des réseaux d'échanges sont facilités par les villes, tels le portail dédié à la participation des habitants de Grigny ou les nombreux forum de discussion à Saint Martin D'Hères. Certaines villes vont plus loin et aident à la formation à l'expression, et à la production de contenus et de sites associatifs (Grigny, Brest).
On trouve également de plus en plus de municipalités qui «aident à faire» plutôt que de faire elles seules, tout particulièrement dans la constitution et l'animation de réseaux sociaux (Grenoble et le réseau Peuplade, ou la mise en réseau des enfants de divers centres sociaux, à Marly). La volonté de «contrôle» des équipes municipales cède la place à des démarches d'évaluation collective (Grigny et SDnet).
Des dispositifs innovants, tels «voisins solidaires» à Merignac, laissent à la population le soin de résoudre un certain nombre de demandes ciblées et de problèmes spécifiques. Et de nouveaux modes d'expression telle la Web TV de Saint Laurent de Blangy, contribuent à changer le regard sur la création et la diffusion de l'information.
Toutes ces démarches doivent être valorisées. L'expérimentation est au coeur de la mutation à opérer vers des sociétés numériques. De nombreuses villes l'ont compris, certaines sont encore trop prudentes. Mais toutes ont besoin d'être soutenues et accompagnées.
Et dans chaque ville les lieux dédiés ont un role fondamental assumé par les animateurs d'espaces multimédia.
Pour un service public égal il y a urgence à ce que les acteurs échangent leurs valeurs, leurs pratiques et leurs expériences !
Vos avis et commentaires sur ce texte sont ... souhaités !
Par Florence Durand-Tornare, fondatrice de l'Association Villes Internet

