cyberbase (15)
A l'initiative du Pôle Numérique de la Drôme et du programme d'EPN EPI (comme Espaces Publics Internet) initié par le Conseil Général de la Drôme, un nouveau logiciel de gestion d'Espace Public Numérique présenté fin juin 2010 au Forum des Usages Coopératifs de l'Internet de Brest vient de voir le jour. Son nom : GENEPI (Gestion Numérique des Espaces Publics Internet).
Logiciel libre sous licence GPL, GENEPI base ses fonctionnalités sur le génération de statistiques détaillées (avec bilans quantitatifs) sur la fréquentation et les activités d'un EPN : Bilans, prévisionnels et gestion de caisse, gestion des actes. Autant de chiffres qui peuvent aider à défendre bien des projets.
Le logiciel en est déjà à sa 2e version (0.9.1.) téléchargeable à cette adresse sur SourceForge.
Pour en savoir plus sur le logiciel libre de gestion d'EPN GENEPI, n'hésitez pas à consulter le site officiel du projet (documentation ; présentation ; actualités ; support ; téléchargement ; Foire Aux Questions).
(Info issue de Netpublic, article de Jean-Luc RAYMOND)
La Délégation aux usages de l' 'Internet (DUI) ouvre deux nouveaux sites web dédiés aux espaces publics numériques :
Un portail général d''information, de ressources et d'échange, www.netpublic.fr
Il s' adresse aux acteurs et professionnels de l' accompagnement aux TIC et à l' 'Internet (responsables et animateurs d'EPN, médiateurs TIC, coordonnateurs de réseaux d'EPN, responsables des politiques d''accès public à Internet, ?) et à toutes les personnes désireuses d'être guidées pour maîtriser les usages numériques.
Le portail NetPublic vise aussi bien à faire connaître au public les EPN et les services qu 'ils proposent qu''à offrir aux acteurs de l' accompagnement aux TIC un espace gratuit d'information, de ressources, de partage et de valorisation de leurs initiatives.
Il remplace l 'ancien site http://delegation.internet.gouv.fr.
Un portail spécialisé dans l' 'accompagnement des demandeurs d'emploi sur Internet, www.netemploi.fr
Créé à l'initiative de Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'Etat chargée du développement de l'économie numérique, en collaboration avec l'association CREATIF et la Caisse des Dépôts, pour répondre aux besoins d'accompagnement des chercheurs d''emploi souvent démunis face aux nécessaires démarches sur Internet, il est conçu comme un instrument d''appui pour les professionnels de l'accompagnement aux outils et services numériques de l'emploi. Ils pourront ainsi trouver, rassemblés sur un même site, un accès facilité aux informations et ressources en ligne (offres d''emploi, droits et démarches, services et conseils aux candidats) ainsi qu''un espace d''échange et de partage d''expériences.
Les deux sites, associés par une base de ressources et un back office communs, sont construits avec une interface ergonomique basée sur un logiciel libre de gestion de contenus et des outils web 2.0, facile d''utilisation et accessible à tous.
Ils reposent sur des principes de partage et de mutualisation et visent à développer au niveau national une communauté d'acteurs de l''accompagnement aux TIC à travers un forum de discussion et grâce à l''animation assurée par Jean-Luc Raymond, relayée sur Facebook et Twitter.
N'hésitez pas à tester et utiliser ces sites comme outils de travail et à faire remonter vos remarques et celles des usagers qui fréquentent vos espaces publics. Ces sites, loin d'être figés, s'enrichiront des remarques, critiques constructives, constats que vous pourrez formuler.
A vous et aux usagers de dire s'ils correspondent à vos attentes !
La Réunion : La CYBERBASE Le Port au coeur de la première rencontre Villes Internet/ Océan indien
Dans le cadre de la première rencontre régionale Villes Internet/Océan Indien qui se déroule aujourd'hui jeudi 24 et demain vendredi 25 juin à la médiathèque Benoite Boulard, de la ville du Port à la Réunion, nous avons interviewé les animateurs de la cyberbase Le Port (Fabrice DAMOUR, Laëtitia AUGUSTIN, Christophe LAYEMAR), qui nous présentent leur cyberbase et leurs actions.
Avec 3.300 inscrits et beaucoup d'habitués, la cyberbase Le Port est placé sous la responsabilité de Lionel Letoullec, responsable informatique et cyberbases pour la communauté d'agglomération TCO, Territoire de la Côte Ouest. Nous publierons les interviews des animateurs cyberbases de 4 autres communes du TCO prochainement.
Pouvez-vous en quelques mots présenter votre lieu d'accès public à internet et ses spécificités ?
La Cyber-Base du Port est située au sein même de la médiathèque Benoite Boulard.
L'espace met à disposition du public 12 postes informatiques connectés à Internet, dont une dédiée à la vidéo et une à la création audio, d'une imprimante et d'un scanner.
Quels sont les services proposés les plus prisés par vos utilisateurs ?
L'accès libre à Internet fédère le plus d'utilisateurs : consultation de messagerie, de blogs, messagerie instantanée, recherches diverses sur internet...
Les usagers sont nombreux à plébisciter l'initiation à l'informatique : 3 jours par semaine, des ateliers sont mis en place ; cela peut concerner les bases de l'informatique, la messagerie, l'utilisation de base de logiciels divers (retouche de photos, traitement de texte...).
L'emploi est également mis en avant : beaucoup de personnes viennent dans l'espace pour la recherche d'emploi en ligne, mais aussi pour la création de cv, lettre de motivation.
De nombreux usagers adhèrent aussi à l'administration en ligne (état civil, déclaration d'impôts...)
Enfin, certains moments sont réservés spécialement pour les loisirs à l'intention des jeunes (jeux vidéo sur internet, jeux éducatif...)
Selon vous, existe-t-il une pratique et une perception réunionnaise de l'internet ?
Cela dépend de la classe d'âge : pour les jeunes réunionnais, l'accès à Internet semble tout à fait normal : beaucoup ne conçoivent plus par exemple de faire une recherche dans les livres, car « il y a Google pour ça ». Pour eux, Internet fait partie de la vie quotidienne.
Pour les 35-55 ans, Internet est un outil qu'ils ont appris à utiliser un peu tardivement, mais qui les intéresse énormément, car ils se rendent compte de son efficacité, notamment dans certaines démarches administratives. Mais à La Réunion, beaucoup restent encore attachés à leurs outils de communications traditionnels (lettres postales...), même si cela tend à s'amoindrir.
Enfin, pour les séniors réunionnais, Internet est plutôt perçu comme étant l'outil des jeunes ; ils semblent en mesurer l'efficacité, mais ne veulent pas forcément faire l'effort de maîtriser cet outil.
Au regard de ces éléments, on peut dire que de manière générale, le regard et les pratiques réunionnaises de l'internet sont assez semblables à ceux de métropole.
Pouvez-vous me citer un exemple d'action menée qui ait renforcé les liens sociaux existant dans le quartier ou mis en relation des personnes qui n'avaient pas l'habitude de travailler ensemble ?
On peut citer les ateliers d'initiation régulièrement mis en place. Les usagers qui y participent ne se connaissent pas forcément au début et sont souvent issus de milieux totalement différents ; mais au fil des semaines, ils apprennent à se connaître et deviennent comme une « petite classe » ; ils sont contents de se retrouver pour l'atelier, mais aussi en dehors : ils prennent contact entre eux.
Quels sont vos liens avec les associations de quartier ?
Il faut parler au passé : il existait au Port deux principales associations avec qui nous avions de très bons contacts ; beaucoup d'évènementiels annuels étaient préparés en partenariat, et ces associations venaient naturellement nous voir s'ils avaient une idée d'action, l'inverse étant également vrai.
Ces associations ont fermé leurs portes depuis.
Cependant, ils reste encore quelques associations avec lesquelles nous travaillons ponctuellement.
Interpellée par différents acteurs de terrain de l'accès public à Internet, la Délégation aux Usages de l'Internet (DUI) relance la Fête de l'Internet en 2010, en partenariat avec l'association Villes Internet, la Caisse de dépôts et TER/SNCF.
La période retenue est la semaine du samedi 20 au dimanche 28 mars 2010, pour respecter la tradition printanière...
Comme l'année dernière, des supports de communication vous sont proposés sous forme numérique (logo, affiche, bannière, ...) et l'agenda de l'accès public à Internet est à la disposition de tous pour annoncer les événements programmés.
Vous pouvez trouver les logos à télécharger sur cette page Ville Internet
Villes, collectivités locales, EPN, associations, des supports de communication sont mis à votre disposition pour vous aider à organiser un évènement fête de l'Internet 2010.
Pour les animateurs de lieux d'accès publics à internet, membres de ce réseau merci de faire remonter vos initiatives, manifestations via ce réseau, par mail (fgenestier@villes-internet.net) ou bien en vous connectant sur la page initiatives de l'association, ici.
Nous relaierons comme d'habitude avec plaisir vos actions et sommes à la recherche de toute annonce ou compte-rendu dans vos EPN, cyberbase et lieux d'accueil à l'occasion de cette manifestation festive, pédagogique et conviviale qui permet chaque année de faire se croiser les différents acteurs de l'internet et d'informer un public de plus en plus important aux avantages des usages de l'internet, notamment citoyen.
Les labels Ville internet 2010 ont distingué pour sa première participation, la ville de Remire-Montjoly en Guyane Française. Comptant plus de 18.000 habitants, la commune, proche de Matoury et de Cayenne a lancé de nombreuses initiatives pour faciliter la vie des habitants, en lien avec internet, que ce soit en matieère d'e-administration ou accès public.
Patricia Gerard, septième adjointe était présente à la cérémonie des labels et nous parle de la politique de la ville en matière d'accès public à intertnet, en particulier dans le quartier des Ames Claires, l'un des trois quartiers populaires aidés par un dispositif national sur le territoire de la commune.
Le projet FERIS (Fresnes Eduquer au Recyclage Informatique Social) initié par le CCAS de la commune de Fresnes sur Escaut (59), marie apprentissage technique et accès pour tous à internet. Ce projet a remporté en septembre le 2e prix national de l'innovation sociale. A noter que la ville a décroché sa deuxième arobase pour le label internet 2010, la semaine dernière.
La Cyberbase de cette commune de 7500 habitants est ouverte depuis 2006, compte plus de 700 inscrits, un succès qui répond parfaitement aux besoins exprimés par les jeunes et les familles.
Soucieuse de lutter contre la fracture numérique qui rime hélas bien souvent avec fracture sociale et frappe les habitants des quartiers populaires, l'équipe du C.C.A.S. de Fresnes a imaginé la mise en place d'ateliers de recyclage informatique social. Ces ateliers consistent dans un premier temps à récupérer du matériel informatique auprès d'associations, de collectivités, de banques, d'entreprises ou encore de particuliers. L'objectif est ensuite de vérifier l'état du matériel et si besoin de remplacer les pièces défectueuses, manquantes ou obsolètes, telles que la carte graphique, le boitier électrique, les lecteurs de disques...Enfin, une fois l'ordinateur remis en état, des formations au traitement de texte ou encore aux outils de recherche sur Internet sont dispensées.
A voir (avec nos excuses pour l'ambiance sonore) l'interview video de David Henrard, responsable informatique qui accompagne de A à Z les bénéficiaires de FERIS.
Pour tout renseignement concernant ce projet et si vous souhaitez vous inspirer de cette initiative, vous pouvez contacter le C.C.A.S. au 03.27.28.51.45 ou la Cyber-base au 03.27.24.72.11
Un aperçu rapide en photo de la soirée de remise des labels 2010 qui avait lieu au cabaret Sauvage, cette année
L'Agence Mondiale de Solidarité Numérique et la M@ison de Grigny vous invitent à participer pendant la biennale à un atelier organisé dans le cadre de la BIENNALE DE LA M@ISON, le Vendredi 4 décembre 2009 à 11 heures à GRIGNY. La charte « Ordinateurs Solidaires » sera signée à l'issue de cette rencontre en présence de la presse.
Cette édition 2009 clôture un triptyque intitulé « Accès pour tous aux T.I.C., entre illusions et réalités » lancé en 2005. Populaire par excellence, la biennale s'adresse à tous : animateur, enseignant, chef de projet, responsable associatif, élus, membres des réseaux des espaces publics numériques. C'est un rendez-vous tout public.
La coordination régionale des réseaux d' EPN y organise la deuxième rencontre annuelle 2009 des acteurs de l'accès au « numérique pour tous » accompagné en Rhône-Alpes.
A voir, une video d'une rencontre précédente
Focus EPN Toulouse (Suite)
Les hautes technologies sont bien représentées à Toulouse. Si on connaissait l'aéronautique, n'oublions pas la téléphonie mobile et la géolocalisation. La ville a pour ambition de devenir la capitale européenne dans ce secteur. En effet, c'est dans sa Communauté urbaine que se trouvent Galileo (concurrent de l'américain GPS), Thalès, le CNES, et de nombreuses start-ups spécialisées dans les services mobiles géolocalisés.
Pourtant, il a été démontré à Toulouse une carence dans le développement des EPN. A ce jour, 37 accès publics à internet (API) ont été recensés dont 25 seulement sont éligibles au titre d'EPN. Discuter de ce sujet était l'objet de la réunion participative du 17 septembre dernier dans l'amphithéâtre de la salle du Sénéchal, à l'occasion de la présentation de l'étude « Bilan des lieux d'accès publics à internet et au multimédia et scenarii d'intervention », en présence de Serge Bergamelli, Directeur régional Midi-Pyrénées de la Caisse des Dépôts et d'Erwane Monthubert, conseillère Déléguée aux TIC à la Mairie de Toulouse.
Le rappel des éléments de contexte est intéressant : 45 % de la population française ne se connecte jamais. Pour 12 % c'est trop cher, pour 29 % c'est trop compliqué et 20 % n'en voient pas l'utilité (Source CREDOC 2007). Si 64 % des usagers ont besoin d'accompagnement, ce besoin est notablement satisfait par le professionnalisme des animateurs d'EPN – ce qui dit toute l'importance de leur existence. Parmi les dispositifs nationaux d'EPN, il faut souligner la présence du réseau Cyber-base, le plus important en France (852 espaces, 1 800 animateurs), également bien structuré dans la région Midi-Pyrénées (57 espaces, 110 animateurs).
On observe comme tendances une action associative positive en termes d'animation mais une gestion souvent instable, ainsi que la volonté des collectivités de disposer d'une visibilité sur les actions menées. A Toulouse, il n'y aurait pas réellement de politique globale en matière d'accès public à internet dans les quartiers, des qualités d'accès et de service très variables, des lieux peu visibles...
Pour mettre en perspectives les enjeux liés aux EPN, trois thématiques majeures sont recensées :
1. Quels sont les principaux publics accueillis ?
- Demandeurs d'emploi (environ 30%),
- Jeunes, collégiens, lycées,
- Retraités et seniors (en forte progression),
- Commerçants et artisans (nouvelle population en émergence),
- Partenaires locaux (associations, etc.).
2. Quels sont les usages des utilisateurs ?
- Emploi (assistance aux démarches en ligne...),
- Education, enfance (soutien scolaire et projets pédagogiques...),
- Social (aide au montage de projets associatifs...),
- Services publics en ligne (assistance aux démarches en ligne...),
- Développement économique (proposition du Passeport pour l'Economie Numérique),
- Insertion (aide à la lecture, apprentissage du français...),
- Culture (création artistique et culturelle...),
- Handicap (compensation des déficiences).
3. Quels sont les attentes des équipes de ces espaces ?
- Pérenniser leur fonctionnement,
- Faire évoluer l'offre d'animation,
- Toucher de nouveaux publics,
- Disposer de plus de visibilité à l'échelle locale.
- Compenser les fragilités financières, surtout dans le cadre d'un portage associatif,
- Renouveler le matériel vieillissant.
En conclusion, il ne faut pas oublier que l'EPN est un outil au service des politiques publiques. Il a pour vocation d'offrir un accès pour tous dans un souci d'équité et de cohésion, et intervient dans de nombreux domaines tels le développement social et économique, l'aménagement du territoire, l'amélioration de l'accès aux services publics.
Interview de Magali et d'Amaury, du cyberespace de Gentilly : le rôle de l'animateur de cyberespace
Magali : dans notre structure, le contact avec le public est tres personnalisé. Il y a les missions de l'animateur telles que définies par la fiche de poste et ...il y a le quotidien ! Avec des demandes assez surprenantes, des demandes d'avis sur les sites les plus variées : ça peut aller du choix de la couleur d'une laine sur un site de travaux manuels ou encore des conseils amoureux sur les sites de rencontre. J'ai accompagné quelques personnes sur ces sites, à leur demande. Je ne sais pas si c'est spécifique aux milieux populaires ou pas, je n'ai connu que Pierrefitte sur seine et Gentilly.
L'impression que j'ai, c'est que, à Gentilly on a une population populaire, avec une problématique moins grave. A Pierrefitte, j'ai rencontré des gens qui arrivaient de pays d'Afrique, avec 6 mois d'alphabétisation, sans avoir suivi de formation. Ils étaient poussés par l'ANPE à venir s'inscrire sur les sites de recherche d'emploi. Je me souviens d'une personne qui n'avait pas l'intuition de ce qu'était l'écriture. Elle était troublée par la forme des lettres sur le clavier où les lettres sont en majuscule et où, elle, écrivait en minuscule. ça dépasse le cadre de l'animateur social.
Le fait qu'ils arrivent jusqu'à nous, ce n'est pas neutre. ça veut dire qu'il y en a beaucoup et que les services, avec d'autres structures sulr a ville, permettant de régler ces problèmes là, se retrouvent débordés.
Ici, je ne rencontre pas ces cas-là.
Q : la population est différente ?
Magali : Il me semble. Plus de type ouvrier, avec un degré d'éducation qui me semble plus élevé et une aisance financière un peu plus grande qu'à Pierrefitte.
Q : La différence de niveau social et d'aisance, c'est quelque chose que tu peux ressentir dans tes missions ?
M : Oui. Déjà, on les accompagne davantage sur nos missions précises, les chercheurs d'emploi. La demande en terme d'accompagnement social, qui dépasse la demande d'accompagnement technique, est moins forte. A Pierrefite, typiquement, j'ai eu le cas de personnes qui envoyaient des lettres de candidature du type : "Je pense que je suis très bien pour ce travail et je voudrais gagner de l'argent". Ils trouvaient ça tout à fait valable de poster ça, ça leur avait coûté d'écrire ça. Et la réaction était : "Si avec tous les efforts que j'ai fait, avec les efforts que je fournis, je ne trouve pas de travail, c'est que les employeurs n'y mettent pas du leur". Typiquement, ici, les gens sont plus suivis par le Pôle emploi (même si on n'en a pas sur Gentilly) ou d'autres associations ou parce qu'ils ont un degré d'éducation qui les a habitués à certains usages.
Q : la mission d'éducation technique ou d'accompagnement, d'éducation à internet ou encore la découverte et l'apprentissage des logiciels libres, c'est quelque chose que vous pouvez faire facilement ?
Amaury : C' est pas évident. C'est facile sur un rôle d'accompagnement à l'équipement ou à l'autonomie, des primo-apprenants. Ils n'y connaissent rien, on les accompagne avec notre moule qui est plus socio-éducatif que technique. On a vraiment vocation sur un EPN à apprendre aux gens à dominer un outil technique qui fonctionne, en prenant en compte les enjeux, notamment de l'évolution de la société au regard de l'arrivée du numérique
On va avoir, chez ces personnes-là, une écoute importante. Tous les enjeux que l'on assène au fur et à mesure de notre accompagnement sont permanents.
En revanche sur les autonomes, qui viennent pour des raisons économiques, s'ils sont utilisateurs de l'outil et qu'ils en ont la maitrise, on va les accompagner sur des soucis techniques, sur des outils complexes mais on les aura beaucoup moins en apprentissage de fond dans la mesure où ils ne vont pas etre forcément demandeurs.
Magali : je vais nuancer ce que tu dis, Amaury. J'ai eu une frange d'utilisateurs, d'autodidactes, qui viennent pour utiliser le cyberespace comme un cybercafé car ils n'ont pas de postes à la maison, pour des recherches d'emploi. Et qui, voyant l'accompagnement que l'on fait sur les primo-apprenants, rencontrant des difficultés, se greffent sur cette initiation de base, la gestion des fenêtres par exemple.
Amaury : on a choisi de bosser avec des outils alternatifs, comme Linux. Le fait qu'on le propose, permet d'entrer en conversation. Les gens se posent des questions et cela permet de dialoguer de la problématique du libre, du privé, du modèle économique des acteurs privés qu'on trouve sur le net. Plein de gens ne comprennent pas comment les sites gratuits sont financés, quel est leur modèle économque, le gratuit fonctionne, comment les libres sont financés..
Q : ces discussions sont rares, fréquentes ?
A : assez fréquentes, plusieurs par semaine. On a 10% des utilisateurs qui sont fermés. Qui sont autonomes et fermés, qui viennent faire ce qu'ils ont à faire. Point barre. Peu de gens viennent consommer comme dans un ctybervcafé, mais il y en a quand meme. Le reste, toute la population apprenante, pas énorme mais facile à toucher. La plus facile à toucher, c'est la population qui s'équipe, qui est dans une relation de confiance.
Les retraités, nouveaux internautes
A : Essentiellement, la demande de conseils de ce type émane pour ne pas dire exclusivement des retraités, des seniors qui pour des raisons de communication intergénération viennent s'équiper ?
Avant tout, c'est l'échange de photos des enfants et des petits enfants.
La grand-parentalité est un facteur d'équipement énorme. Les parents communiquent sur les petits enfants pratiquement exclusivement par ce biais là.
Deux choses les motivent, soit ils arrivent à vide : "je viens de devenir retraité"
"Je suis retraité, j'ai du temps, je voudrais enfin ciomprendre ce qu'est l'informatique". Le terme informatique, revient souvent"
Q : je suis assez épatée par la présence des retraités, des seniors dans les EPN....
M : C'est énorme !
A : ça ne représente pas la moitié en nombre, mais ça représente largement la moitié en taux de fréquentation en occupation et en accompagnement.
M: par rapport à l'offre générale proposée comme l'utilisation du cyberespace comme un cybercafé de base, ou les formations, ou l'accompagnement de projets, les ateliers pratiques (blogs, sitrs) ; ils vont balayer beaucoup plus large que le reste de la population. Les 30-40 ans viennent ici, pour la plupart, des recherches d'emploi. Quelques uns vont se greffer sur des initiations, moins que les seniors. Après, ils ne vont pas se lancer dans l'aventure des créations de sites, mais en moyenne, ce sont des seniors qu'on aura dans toutes les activités.
A : Ce qui est sensible, on a eu des afflux massifs de seniors lors des activités qu'on a eu avec le CCAS retraités. Sur Gentilly, les retraités sont très accompagnés. On a répondu à la mise en place d'un blog pour l'atelier d'écriture, qui a été fait ici dans le cadre d'un atelier. Une fois par mois, on met en place un équipement pour les animateurs des CCAS retraités. Ils vont faire un atelier pour valoriser leurs activités. Comme les joyeux baladeurs, un club qui fait de la marche à pied, qui vient chercher et illustrer leurs itinéraires.
Dans le cadre de services municipaux, les gens viennent nous voir.
Image et perception du cyberespace
Amaury : au sein de la ville, les gens ont , y compris les agents, une notion assez floue de ce qu'on peut faire. Depuis la création du cyberespace, le cyberespace a toujours été perçu comme un équipement municipal à part, un peu inaccessible...
Q : C'est un peu antinomique avec l'idée de l'internet public...
A : ça reste, "c'est votre truc, les ordinateurs, c'est trop compliqué pour nous..."
Q : Comment les gens peuvent arriver à se faire cette idée là ?
A : Comment ? La réponse qui revient souvent dans leur bouche, c'est : "C'est l'informatique. C'est compliqué."
Q: vous êtes mis à part ?
A : On n'est pas mis à part, on est un peu mystérieux...On n'est pas accessible..
M: en dépit du fait qu'on est juste à côté de la mairie...
A : et que notre rue n'est pas une rue qu'on emprunte à pied, personne n'a de raison de venir ici, de remonter cette rue. Les gens nous court-circuitent, car il y a d'autres itinéraires pour aller, ou aux commerces, ou au centre-ville, ou à la station de RER
Cyberespace de Gentilly
Cyber espace de Gentilly, rue du Président Wilson
http://www.ville-gentilly.fr/citoyennete/web-local/le-cyberespace/
http://www.netvibes.com/cybergentilly#Accueil
Voilà une réflexion d'animateurs qui date de 2007, à lire sur un blog personnel et pédagogique.
Et si on arrivait à écrire en quelques pages ce à quoi devrait penser l'animateur lorsqu'il encadreun atelier collectif dans un espace public multimédia. De ce défi et de deux réunions d'équipe à l'Arobase de Pierrefitte (93) est né ce document de travail. S'il peut être utile à qui en aura besoin, tant mieux.
Bien préparer son atelier
C'est une des clés de son bon déroulement. Un atelier bien pensé, bien préparé, n'est pas suffisant pour être réussi, mais c'en est une clé presque indispensable.
Pour cela, outre les autres recommandations ci-dessous, on peut se reporter au document « Guide projet d'animation ». Un atelier bien préparé comporte les éléments suivants :
- Titre de l'atelier
- Le public et le cadre
- Les objectifs de l'animation :
* Objectifs en terme de savoir (connaissances)
* Objectifs en terme de savoir-faire (compétences)
* Objectifs en terme de savoir-être (comportements, méthode)
- Les moyens
* Le scénario général
* La liste des séquences prévues, le planning
* L'issue de l'animation
* Le matériel disponible, nécessaire
- L'évaluation
Mis à part pour les ateliers basiques, orienter l'atelier vers un ou des usages.
Quand les usagers sont vraiment débutants, il ne savent pas encore ce qu'ils vont faire de l'informatique. Ils vont suivre les ateliers de base : prise en main de l'outil informatique, repérer les outils, ranger ses données, traitement de textes, tableur, navigation internet, courriel, image, son.
Ce n'est qu'une fois initiés un minimum qu'ils peuvent se diriger vers tel ou tel usage.
Un usage rassemble une pratique et une finalité. Quelques exemples d'ateliers orientés usage : réaliser une carte de vœux.
Annoncer les objectifs aux apprenants.
L'annonce des objectifs signifie qu'on ne cache rien, il n'y a pas de crypto-dogmatisme, on ne manipule pas les usagers.
Pour leur formulation, on peut suivre les recommandation de la Programmation par objectifs (PPO). Ils doivent concerner les apprenants, comporter un verbe comme connaître, savoir faire, savoir qu'existe, savoir réaliser, et enfin être évaluable en fin d'atelier (ou de cursus). Par exemple : « que les apprenants connaissent la différence entre le pointeur et le curseur sur l'écran graphique ».
C'est aussi très lié à l'évaluation finale. On ne se rend compte qu'on a appris des choses que parce qu'on se le dit et qu'on pointe ces choses. Même dans un atelier de deux heures, les usagers ont appris.
Ne pas perdre une occasion de réflexion sur ce qu'on utilise (mission de culture scientifique et technique)
Quand on fait une initiation sur la navigation, on se pose la question « qu'est-ce que c'est le web ? ». Pourquoi l'image de la toile ? Que se cache-t-il derrière une page html (le code source) ? Par ailleurs, ce travail d'épistémologue est le plus souvent nécessaire pour l'animateur lorsqu'il prépare son atelier. Les meilleurs ateliers préparés ont souvent été ceux sur lesquels on se prend la tête : avant de commencer la préparation de l'atelier sur l'initiation au tableur, il est bon de se poser la question de ce qu'est un tableur. Une fois la réponse partagée, l'atelier est déjà presque prêt.
Pour préparer l'atelier sur le HTML, il faut d'abord se poser les questions : qu'est-ce que c'est que du HTML, qu'est-ce que c'est qu'une balise, qu'est-ce qu'un hyperlien.
La mission de culture scientifique et technique est essentielle pour les EPN : ils sont presque les seuls à pourvoir (et donc devoir) effectuer cette mission. Elle responsabilise les usagers. C'est un service en faveur de la démocratie.
Cela peut concerner la législation, les licences, l'économique, la sociologie. Toutes les occasions sont bonnes pour réfléchir à ce qu'on va faire et aux outils.
Préférer orienter les usagers vers des médias qu'ils pourront retrouver de manière autonome
Cela veut dire que pour chaque atelier, l'animateur amène les livres de la bibliothèque, donne quelques liens utiles avec des tutoriels, invite à utiliser l'aide en ligne ou à demander conseil au voisin. Le savoir n'est pas détenus que par l'animateur, ce qui le rend moins indispensable pour les usagers qui sont alors invité à chercher l'autonomie.
C'est un effort à faire car ce n'est pas très naturel pour l'animateur. La contrainte des deux heures n'aide pas. Mais amener les ressources, même sans si elles ne sont pas utilisées, est important pour que les usagers sachent que ça existe.
Vocabulaire : on a tendance à utiliser le vocable « transférer des compétences » alors que ça peut faire penser que le transfert vient de l'animateur vers les apprenants. Mieux vaudrait sans doute parler d'« acquérir des compétences ».
Présenter, si ce n'est utiliser, une diversité d'outils techniques.
Par exemple, lors de l'initiation au traitement de textes, il est intéressant de voir plusieurs traitements de textes. On ne forme pas les usagers à un outil de tel éditeur, mais à la pratique de n'importe quel traitement de textes.
On peut espérer que si dès le départ les usagers voient plusieurs traitements de textes, ils retrouvent les nombreux points communs, et ne seront pas déboussolés lorsqu'ils auront à utiliser un traitement de textes inconnu.
On peut les initier sur des logiciels libres, les leurs conseiller pour diverses raisons (éthiques, format des données, pérennité, gratuité). C'est à eux ensuite de faire leur choix. On leur aura donné tous les éléments pour qu'ils s'en sortent. Favoriser les échanges entre les apprenants.
Ce n'est pas du tout évident. C'est à penser dès la conception de l'atelier par l'animateur. Est-ce qu'à un moment, les usagers auront à parler entre eux au cours de l'atelier ?
On peut aussi profiter des différences de niveau entre les apprenants pour les inviter à s'entraider.
Par exemple, lors de l'apprentissage du clavier, si on utilise du babillage, on sait que les usagers vont naturellement plus se parler que de parler.
Autre exemple : organiser un cadavre exquis (chaque usager tape un morceau de phrase puis se déplace sur l'ordinateur du voisin pour continuer la phrase), puis prévoir une pause à la suite. On sait que pendant cette pause, les usagers vont aller lire toutes les phrases sur tous les ordinateurs et discuter entre eux de manière informelle. La pause fait partie de l'atelier.
Faire des ateliers collectifs.
Être plusieurs ne suffit pas à ce que la séance soit collective. Un cours magistral ou une séance de travaux dirigés/pratiques peut ne pas être très différent selon le nombre de participants.
Un atelier réellement collectif se prépare dans ce sens. Il facilite les échanges (voir plus haut) mais aussi prévoit des activités communes, fait intervenir les apprenants devant tous (et pas seulement l'animateur), fait partager les ressources. Un bon moyen de savoir si un atelier est collectif ou non est de compter le nombre d'échanges verbaux entre les apprenants contre le nombre d'échanges avec le formateur.
Un projet collectif sera plus motivant, plus ambitieux, facilitera l'entraide et les échanges que des activités individuelles. Ces dernières ne sont pas pour autant à bannir. Un équilibre est à trouver et dépend de l'atelier.
Par exemple, un atelier d'initiation à la manipulation de sons peut inviter les apprenants à réaliser un dialogue entre leurs ordinateurs. Le projet même ne peut être que collectif. Lors de l'apprentissage de la souris, il est possible de pratiquer certains jeux en réseau...
Ne pas monopoliser la parole, ni le crayon, ni le vidéoprojecteur.
Dans la même veine que les points précédents, il convient que la place de l'animateur ne soit pas trop importante au cours de l'atelier. Elle peut être éventuellement centrale si la session s'y prête, mais pas dominante. La raison tient à la confiance en soi, donc à l'estime de soi, donc à la responsabilisation des apprenants dont ils se souviendront une fois l'atelier achevé. La responsabilité est un préalable à l'autonomie.
Un critère pourrait être : l'animateur ne prend pas la parole plus de la moitié du temps de parole. De même avec l'utilisation d'un support écrit (tableau), on ne se rend pas compte du pouvoir symbolique énorme que représente la détention du feutre. Partager ce pouvoir avec les apprenants est un bon moyen de rééquilibrer un atelier trop centré sur le formateur.
Lorsqu'au cours d'un atelier, un exercice donne lieu à une démonstration de solution, pourquoi ne pas confier le poste branché au vidéoprojecteur à un des apprenants plutôt que ce soit l'animateur qui fasse ?
Pour répondre, encore faut-il qu'il y ait une question.
Autrement dit, des connaissances peuvent être amenées si elles répondent à un besoin, un désir. La réponse est d'autant mieux assimilée que la question vient des usagers. L'animateur doit là encore trouver le bon équilibre entre poser les questions lui-même, et faire en sorte que les usagers se posent les questions sans trop de manipulation.
L'animateur peut se servir comme guide du déroulement suivant :
- 1.Phase contact
Au cours de cette phase qui peut être assez courte, l'animateur suscite la curiosité, éveille les interrogations. Elle peut prendre différentes formes : démonstrations, phase sauvage, dialogues...
- 2.Phase apprentissage
Cette deuxième phase sert à répondre aux questions, donc à comprendre/apprendre. L'apprentissage peut prendre différentes formes là aussi, à choisir suivant le contexte, le public et le contenu : cours, médias, exercices dirigés, mini-projets (ou défis), etc. Il ne faut rien rejeter à priori. Voir pour cela par exemple « L'animation pédagogique dans les Espaces publics numériques ».
- 3.Phase approfondissement
Il s'agit d'une phase importante qui permet aux participants de cristalliser leurs nouveaux acquis. Le plus souvent, il s'agit de mise en pratique en autonomie de ce qui a été appris dans la phase précédente. La forme de projet (collectif de préférence) est la plus courante.
Si les apprenants peuvent découvrir une solution, dans la mesure du possible, les laisser la découvrir plutôt que de la donner.
Encore une règle applicable pour éviter de rendre le formateur indispensable et développer à terme l'autonomie des apprenants. Le formateur n'est pas seul à connaître les solutions. Parfois, le formateur (qui devient alors médiateur) peut ne pas connaître les outils que les usagers sont en train de découvrir, ça ne devrait pas tellement changer le déroulement d'un atelier qui donne une place importante à l'autonomie des apprenants.
En pédagogie, d'après les courants médiationnels, un groupe peut découvrir et réaliser plus que ce que chacun des membres sait faire. L'animateur est alors un facilitateur ou médiateur. Il fixe une série d'objectifs atteignables par le groupe ce qui le fait progresser.
Dilemme pour l'animateur : comment donner l'initiative aux usagers même lorsqu'ils ne connaissent rien. L'animateur est tenté de montrer aux usagers avant de les laisser reproduire. C'est difficile pour l'animateur de ne pas tomber dans ce réflexe.
Il faut dire aussi que les usagers sont souvent en attente de recevoir et peuvent être déstabilisés si on leur demande de faire par eux-mêmes. Le mieux serait d'arriver à les faire faire sans qu'ils s'en rendent compte.
Une des qualité de l'animateur est alors l'humilité : ce n'est parce que je sais [l'informatique] que les usagers ont besoin de moi. Si l'animateur arrive à s'effacer, il a tout gagné. Peu à peu, les usagers prennent en charge l'atelier.
L'atelier devrait être préparé sans cet esprit. Mettre à disposition des éléments, plutôt que faire un cours.
Préférer la perspective d'un résultat plutôt qu'une tâche.
Il y a bien une différence entre la consigne « sélectionner le texte et cliquer sur le bouton Gras » et « mettez en gras le texte important ».
Cette préférence pour la seconde consigne correspond à la volonté de donner un sens à ce qui est fait par les usagers. Cela sert également à rendre transférable les actions indépendamment du contexte, du logiciel, de la production...
Cet aspect important de la conduite d'atelier est significatif de ce que pense l'animateur des capacités des apprenants. Le plus souvent, le formateur est un autodidacte (il a appris à utiliser un traitement de textes tout seul), mais considère que les usagers n'ont pas la capacité d'en faire autant. Ce paradoxe semble naturel tant il se répète. La formulation des consignes en résultats plutôt que tâches est un bon exercice pour aller contre cette tendance naturelle à considérer l'apprenant comme peu capable.
Pour un problème, il y a une multitude de solutions possibles. Le formateur n'a pas la « science infuse ». Il n'a pas raison a priori de part son statut. Aussi, lorsqu'un résultat est attendu, les usagers ne sont pas forcés de faire de telle ou telle manière. Par exemple, pour mettre en gras un texte, on peut le taper puis le sélectionner avec la souris ou le clavier, puis utiliser le menu, le menu contextuel, le bouton, le raccourcis clavier ; on peut aussi se mettre en gras puis taper son texte. Ce qui compte, c'est le résultat. A chacun sa méthode préférée.
Cela n'empêche pas que certaines soient plus rapides/efficaces/transposables. Rien n'empêche à l'issue de l'action d'échanger sur les différentes manières de l'accomplir ; charge aux apprenants de choisir celle qui leur paraît leur convenir le mieux. Ce serait différent si on voulait former dans les EPN des professionnels de l'informatique pour qui la rapidité compte beaucoup. Dans le cas d'usagers classiques, il importera plus de viser les méthodes transférables et la réutilisabilité des données (par exemple, inviter à utiliser les styles, les titres...).
Proposer aux apprenants de réaliser une évaluation terminale des compétences
Comme expliqué plus haut, il est souvent nécessaire aux apprenants de pointer ce qu'ils ont appris pour qu'ils s'en rendent compte. C'est l'objet de l'évaluation des compétences.
Autant que peut se faire, une autoévaluation est préférable pour éviter l'idée de sanction. Tous les moyens sont bons : exercices, QCM, échanges. Il est fortement conseillé de faire référence aux objectifs énoncés en début d'atelier pour montrer la cohérence de l'ensemble.
Une évaluation formative est plus adaptée : il s'agit de constater l'évolution des connaissances avant l'atelier et à son issue. Comme cela, la comparaison est temporelle et personnelle. Inutile de savoir si mon voisin connaît plus de choses, ce qui m'importe c'est que j'ai progressé ou non.
Les réactions possibles sont que les usagers n'ont pas l'impression d'avoir beaucoup appris ou éprouvent le besoin de noter tout pour se souvenir. L'atelier n'est qu'un tremplin accélérateur. Aux usagers ensuite de pratiquer pour ancrer les nouvelles compétences.
Évaluer la satisfaction des apprenants en fin d'atelier.
Il est bon de se donner un temps pour que les participants puissent s'exprimer sur leur satisfaction. Cela donne de l'importance à leur avis, et par conséquent les mêle davantage à la vie de l'espace. Éventuellement, les avis peuvent être recueillis par l'animateur pour l'inclure dans son bilan pédagogique.
Toutes les formes sont possibles, en privilégiant de préférence la mise en commun de ces avis. Ce peut être tout simplement une question orale de l'animateur vers le groupe.
L'évaluation de la satisfaction est valable également pour un public d'enfants, même très jeunes. Les formes peuvent alors être adaptées. Par exemple pour des maternelles, on leur demandera de montrer leur satisfaction en baissant les bras (pas content) ou en les levant (content).
Cyber Base Le Plessis de Montceau
La Cyber Base le Plessis, qui est aussi recensée comme Espace Public Numérique (EPN), est hébergée par l'Espace Social « Le Trait d'Union » qui se situe au coeur d'un quartier concerné par un Contrat Urbain de Cohésion Sociale (CUCS), Le Plessis-Bellevue. La Cyber Base possède aussi un centre d'initiation à l'école du Plessis (8 postes), dans le même quartier, qui est plutot réservé aux professeurs des écoles et enfants de l'établissement.
La Ville de Montceau, en collaboration avec la Caisse des Dépots et de Consignations et à l'initiative de la Communauté Creusot Montceau a créé la Cyber Base en 2002.
Montceau-les-Mines, compte aujourd'hui 20 100 habitants et possède deux quartiers populaires sous CUCS.
A voir : la video de la destruction de la tour N du Plessis en 2005 :
http://www.dailymotion.com/video/x3ey1i_montceau-destruction-tour-du-plessi?from=rss
La Cyber Base est à la fois EPN , apres avoir été Point Cyb.
Laëtitia, l'animatrice, après avoir décroché un BTS en Informatique à Chalon-sur-Saône puis un DUT en technique de commercialisation, a eu un parcours très "bourguignon". Elle a aussi travaillé dans une maison de quartier à Blanzy, une commune voisine de Montceau pendant ses études et a aussi été formatrice en atelier pédagogique personnalisé à Luzy, dans la Nièvre où elle suivait de près des dossiers agricoles. Cette jeune femme dynamique et passionnée depuis l'enfance par l'informatique se taille un succès populaire au foyer-logement voisin, Les Peupliers, en animant pour les seniors, toujours dans le cadre de la Cyber Base, des ateliers Wii. Quelques pensionnaires, dont une dame de 92 ans rétive au début à cette nouvelle technologie, se sont révélées des professionnelles du bowling virtuel !
Laëtitia a suivi le projet de création de la Cyber Base. Elle a été recrutée comme emploi jeune et a amplement participé au montage du projet en 2002, portée par la communauté Le Creusot Montceau et la Caisse des Dépôts. Depuis le début, le projet de la Cyber Base prévoyait l'embauche d'un animateur et d'un technicien informatique, ce qui n'a pas pu se faire en même temps.
Philippe assure les formations. Il est en contrat CAE à la Cyber Base depuis mars 2008 et propose des cours du soir, des sessions de formation.
Selon le concept de la Cyber Base, toute personne peut accèder gratuitement à Internet pendant 2 h sur inscription et réservation de poste. Des ateliers formations (traitement de texte, video, musique, recherche d'emploi) sont proposés. Philippe a longtemps travaillé dans le bâtiment avant de suivre une formation de BTS technicien de maintenance informatique. A la Cyber Base, il avait installé voilà peu un ordinateur désossé pour pouvoir expliqué à quelques familles comment ça marchait. Et aussi montrer que selon les besoins, on n'avait pas besoin d'acquérir le haut de gamme.
La Cyber Base promeut les logiciels libres. Depuis 2004, les tarifs proposés (abonnement de 8 euros annuel pour les habitants de la Communauté, 6 € pour étudiants, Rmistes et chomeurs et étudiants) et les tarifs horaires pour les ateliers thématiques n'ont pas varié.
« Nous sommes dans une démarche de service public, explique Pascale Merlin, la directrice du centre social le Trait d'Union. A partir du moment où on est dans un centre social, où on le fréquente, beaucoup pensent que l'on est en difficulté. C'est un peu faux, tout de même. Un équipement comme la Cyber Base nous permet de nous ouvrir à toute la population. Il s'agit de faciliter l'accès à internet au public du quartier, mais aussi de susciter des envies chez des personnes qui fréquentent les ateliers et activités »
« On a eu pas mal de demandes et de visites parce que les gens sortent de la gym ou d'un autre atelier », explique Laetitia. « Il y a un public féru d'internet et un autre qui vient presque par curiosité ». Autre public, les touristes, les gens de passage qui sont envoyés par l'office du tourisme et de nombreux groupes.
En 2009, la Cyber Base de Montceau compte 147 adhérents : 104 femmes et 43 hommes. Avec 50 ans de moyenne d'âge : les seniors sont les principaux utilisateurs et souvent ne sont pas équipés à domicile.
Sur les 147 adhérents, 83 sont retraités, 24 n'ont pas d'emploi, 3 RMIstes et 20 sont salariés et 7 mères au foyer. 12 sont issus du quartier du Plessis et 10 de Bellevue, directement concernés par le CUCS sur le quartier montcellien.
Florence Genestier
Plus d'informations :
www.montceaulesmines.fr/article.php?id_article=206
Espace Social « Le Trait d'Union »
Cyber Base Le Plessis
7 rue de Mâcon
71300 Montceau
Tél : 03 85 67 90 70
cyberbaseleplessis@cyber-base.org
71300 Montceau
Extraits des contributions des correspondants des Villes Internet, issus de leur questionnaire pour le Label Ville Internet 2008.
Par l'intermédiaire des EPN situé en zone sensible dont un (Barleté) est destiné entièrement au soutien scolaire et l'alphabétisation
Nous travaillons sur un projet de mis en place d'observatoire des quartiers. Les informations seront présentées via un site internet, découpé par quartier.
Le Contrat Urbain de Cohésion Sociale (CUCS) soutient les associations de quartier en ZUS. Ainsi l'association Deci-dela propose d'initier les habitants de la ZUS à l'informatique et à l'Internet.
Soutien scolaire avec les CLAS à la cyber-base des Haut-de Ste-Croix Actions toute l'année
Une cellule du service politique de la Ville est dédiée à la ZUS, quartier de Planoise.
Espace public numérique et formation dans quartier ZUS.
Le Point Information Médiation Multi Services propose dans le cadre de la Politique de la Ville, des services de proximité. Les Espaces Emploi de Proximité sont répartis sur Parilly et Terraillon pour couvrir les besoins de ces quartiers en zone sensible. Enfin, sur le site de Bron, des pages sont dédiées à des structures coordinatrices de la Politique de la Ville :
- Maison du Terraillon www.ville-bron.fr/editorial.php?Rub=114
- Espace Parilly www.ville-bron.fr/editorial.php?Rub=115
Nous dédions des pages à des zones sensibles sur lesquels les usagers peuvent retrouver toutes les supports de communication que nous réalisons ainsi que des documents d'informations pour mieux comprendre les actions de la municipalités
Mise en place dans les salles de quartiers d'un accès à Internet et d'un PC à disposition des jeunes
La Maison des Quartiers (structure municipale) propose des ateliers "Informatique" et une plate-forme internet au coeur du quartier Champbenoist.
Les plans de formation et d'animation informatique déployés à Echirolles visent surtout les populations sensibles dont la répartition dépasse le découpage ZUS.
Durant la Fête de l'Internet des échanges inter-quartiers sont réalisés, au travers de jeux collectifs, de questions, de visio-conférences dans les Points Cyb et permettent le tissage de liens entre les divers quartiers sensibles. Les Cybériades sont l'occasion de donner accès aux jeunes des quartiers.
Le Maire de Grigny a choisi d'implanter la M@ison de Grigny au centre d'une ZUS afin de lutter contre la fracture numérique.
La ville de Hem et l'association Ordinat'Hem organisent des ateliers "webtrotteurs", les jeunes des quartiers de ZUS y apprennnent la démarche journalistique et développent leur soif de savoir et leur curiosité en enquêtant dans leurs quartiers.
Un EPI va déménager pour aller au coeur d'une ZUS et pour proposer des activités aux plus démunis.
Installation du cyber espace et de la médiathèque sur le quartier sensible de Saint-Nicolas à Laval. Par ailleurs nous profitons actuellement de Plans de Rénovation Urbains pour mettre en place des cyber-bases dans les quartiers placés en ZUS.
Il y a 3 ZUS à Lorient. Sur l'une d'elles, le quartier de Kervénanec, une action spécifique est menée avec création d'un site web depuis plusieurs années et alimentation de certaines rubriques par les habitants avec un accompagnement sur place. http://kervenanec.lorient.fr
A la maison des quartiers sud, un animateur propose des actions en faveur des jeunes défavorisés en mettant en place des stages d'initiation (gratuitement)
Un cyber-espace est mis à la disposition du public accueil par un des centre sociaux de la ville
plus de la moitié de la population de Maxéville habite en ZUS les actions sont donc forcément adaptées à cette situation
En 2008/2009, le Centre Social du quartier de Beaudésert (ZUS) sera doté d'équipements informatiques à destination du public.
Création d'un espace multimédia (30 ordinateurs environ, ouverture toute la semaine) au coeur d'un quartier sensible.
Oui par la mise en place de lieux d'accès à Internet et d'accompagnement.
Par l'intermédiaire du Centre social.
Postes en libre service dans les Mairies de quartier, mairies annexes et centres sociaux, ateliers dans les centres sociaux
En cours de réponse pour participer à l'appel à projet Navitiv pour les habitants les plus éloignés des nouvelles technologies et leur faire bénéficier de 20 heures d'initiation gratuites pour eux.
Dans l'espace SOCIAL rubrique insertion et dans l'espace CADRE DE VIE, citoyenneté.
Oui des créneaux sont réservés au cybercentre qui se trouve au coeur du quartier 60% des utilisateurs proviennent des quartiers ZUS Par ailleurs la chaîne AGORAWEBTV réalise des reportages dans les quartiers pour mettre l'accent sur la valorisation des actions faites par les habitants.
formation à l'informatique en Zone sensible par les centres socio culturels de la Ville
La quasi totalité de la Ville étant classée en ZUS, les actions spécifiques menées pour favoriser l'accès aux TIC pour les populations sensibles le sont quartier par quartier.
soutien aux associations locales et centre sociaux, développement des centres de quartiers
Par Florence Durand-Tornare, fondatrice de l'Association Villes Internet


