Les hautes technologies sont bien représentées à Toulouse. Si on connaissait l'aéronautique, n'oublions pas la téléphonie mobile et la géolocalisation. La ville a pour ambition de devenir la capitale européenne dans ce secteur. En effet, c'est dans sa Communauté urbaine que se trouvent Galileo (concurrent de l'américain GPS), Thalès, le CNES, et de nombreuses start-ups spécialisées dans les services mobiles géolocalisés.
Pourtant, il a été démontré à Toulouse une carence dans le développement des EPN. A ce jour, 37 accès publics à internet (API) ont été recensés dont 25 seulement sont éligibles au titre d'EPN. Discuter de ce sujet était l'objet de la réunion participative du 17 septembre dernier dans l'amphithéâtre de la salle du Sénéchal, à l'occasion de la présentation de l'étude « Bilan des lieux d'accès publics à internet et au multimédia et scenarii d'intervention », en présence de Serge Bergamelli, Directeur régional Midi-Pyrénées de la Caisse des Dépôts et d'Erwane Monthubert, conseillère Déléguée aux TIC à la Mairie de Toulouse.
Le rappel des éléments de contexte est intéressant : 45 % de la population française ne se connecte jamais. Pour 12 % c'est trop cher, pour 29 % c'est trop compliqué et 20 % n'en voient pas l'utilité (Source CREDOC 2007). Si 64 % des usagers ont besoin d'accompagnement, ce besoin est notablement satisfait par le professionnalisme des animateurs d'EPN – ce qui dit toute l'importance de leur existence. Parmi les dispositifs nationaux d'EPN, il faut souligner la présence du réseau Cyber-base, le plus important en France (852 espaces, 1 800 animateurs), également bien structuré dans la région Midi-Pyrénées (57 espaces, 110 animateurs).
On observe comme tendances une action associative positive en termes d'animation mais une gestion souvent instable, ainsi que la volonté des collectivités de disposer d'une visibilité sur les actions menées. A Toulouse, il n'y aurait pas réellement de politique globale en matière d'accès public à internet dans les quartiers, des qualités d'accès et de service très variables, des lieux peu visibles...
Pour mettre en perspectives les enjeux liés aux EPN, trois thématiques majeures sont recensées :
1. Quels sont les principaux publics accueillis ?
- Demandeurs d'emploi (environ 30%),
- Jeunes, collégiens, lycées,
- Retraités et seniors (en forte progression),
- Commerçants et artisans (nouvelle population en émergence),
- Partenaires locaux (associations, etc.).
2. Quels sont les usages des utilisateurs ?
- Emploi (assistance aux démarches en ligne...),
- Education, enfance (soutien scolaire et projets pédagogiques...),
- Social (aide au montage de projets associatifs...),
- Services publics en ligne (assistance aux démarches en ligne...),
- Développement économique (proposition du Passeport pour l'Economie Numérique),
- Insertion (aide à la lecture, apprentissage du français...),
- Culture (création artistique et culturelle...),
- Handicap (compensation des déficiences).
3. Quels sont les attentes des équipes de ces espaces ?
- Pérenniser leur fonctionnement,
- Faire évoluer l'offre d'animation,
- Toucher de nouveaux publics,
- Disposer de plus de visibilité à l'échelle locale.
- Compenser les fragilités financières, surtout dans le cadre d'un portage associatif,
- Renouveler le matériel vieillissant.
En conclusion, il ne faut pas oublier que l'EPN est un outil au service des politiques publiques. Il a pour vocation d'offrir un accès pour tous dans un souci d'équité et de cohésion, et intervient dans de nombreux domaines tels le développement social et économique, l'aménagement du territoire, l'amélioration de l'accès aux services publics.


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